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dépérissement de la navigation en France : les plaintes font générales, le malaugmente fans cesse, & demande un prompt remede. Les ports de mer desvilles de commerce ont été auíìì négligés ; on a commencé vers 1760 à ydestiner des fonds , & le Commerce s’en est senti; des travaux exécutés avecorne íàge économie , ont commencé à les rendre plus abordables & plusfréquentés.
.Mais si les rivières qui y affluent font encombrées, si l’on est forcé de fe ser-vir des charrois pour y traníporter les marchandises, & pour les en tirer,l’objet n est pas rempli. Cependant depuis le commencement du siècle , qu’onn y a presque rien fait, la plupart des rivières ont charrié des labiés & du limon,& ont formé des bancs plus ou moins difficiles à enlever. Il y en a dont lesréparations íont íur-tout urgentes, à cauíe du commerce considérable qu ellesdesserviraient, ou de la facilité quelles procureraient pour la distribution desgrains & des denrées (543)»
bromes es§ran ' 538. On a fait depuis 40 ans des òuvrages immenses pour les grands che-
mins du Royaume; qu’il nous soit permis de nous occuper ici des chemins pareau , qu on n a point entrepris de perfectionner, & qui semblent être à certainségards, plus importans que les chemins de terre.
Les grandes routes ouvertes dans le Royaume íont en si grand nombre, quelentretien absorbe presque tous les fonds des ponts & chaussées; il y a mêmedes routes faites dans presque toutes les Généralités, dont le public ne peutpas profiter, parce que les ponts ne íont pas encore faits, à cause de la dépense;c’est en établissant des communications par eau, que l’on diminuera ces dépen-ses d entretien, & qu’on pourra fournir à celles qui restent à faire.
La navigation de la Seine depuis Rouen jufqu’à Paris, est si difficile quel’on préfère le traníport des marchandises par terre ; on ne s’en apperçoit quetrop dans le Département des ponts & chaussées , par les réparations consi-dérables qu on est íàns cesse obligé de faire íur cette route. La dépeníe de cesréparations augmente par-tout d années à autres : les Ingénieurs de Champa-gne & de Picardie fe plaignoient, il y a dix ans, de ce que par les réparationsîrop fréquentes, que les charrois extraordinaires occasionnoient fur les grandesroutes, le caiiloutage commençoit à manquer pour ferrer les chemins ; lescarrières qui íont à leur portée s’épuiíoient ; il falloit tirer les matériaux deloin , & cela écrafoit les Paroisses qui étoient commandées pour les tranípor-ter ; depuis la suppression des corvées, la dépense que les Provinces y feront,exige les mêmes ménagemens.
y 37. Les Anglois ont eíïàyé de remédier à cet inconvénient, de f extrêmedépense des grands chemins : il a été ordonné en Angleterre, qu’à compterdu 2p Septembre 1754, il ne íèroit jamais attelé plus de huit chevaux à un char-dot, & plus de cinq à une charrette, & que les voitures auraient à leurs rouesdes gentes de neuf pouces de largeur ; on peut voir à ce íujet le Mémoire deM. de Bernières, imprimé en 1776, à la íuite du programme de la Sociétélibre d émulation établie à Paris, à limitation de celle de Londres, pour l’en-couragement des Arts. Mais ces réglemens font plus faciles à faire exécuter en
Angleterre
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