Buch 
Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
Entstehung
Seite
422
JPEG-Download
 

Réparations à sainaux grandes riviè-res.

422 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XVI.don ; on les íuppose n’être traînés que par deux chevaux , & conduits par uníèul homme ; on voit d’un coup d’œii 10 mille chevaux Sc 20 mille hom-mes occupés à surcharger le prix des denrées Sc marchandises du Royaume,& à détériorer les chemins qui exigent plus de 100 mille hommes pour lesréparer.

La íèule traite du sel de Pécais par le Rhône est composée de dix équi-pages , qui employeur 440 hommes & 400 chevaux, dont la dépense va aumoins à un million íàns les péages : st la navigation du Rhône étoit perfec-tionnée , on en épargnerait peut-être la moitié, Sc la traite du sel n est pasla cinquième partie de la navigation du Rhône.

542. Comment 1 agriculture Sc le commerce peuvent-ils résister à une chargest pesante . Sc se soutenir encore ( dans l’état , il est vrai, d’une grande fai-blesse) avec de si grands désavantages ì Cependant les chaussées des grands che-mins íuivent les rivières, Sc les côtoyent presque par-tout : on est íurpris de voirle remède si près du mal : les plus belles routes du monde Sc les plus utiles pourles Voyageurs, par la facilité Sc la brièveté de leur communication, placéesauprès des rivières íàns navigation, Sc le commerce privé d un secours naturelqui est à íà portée, mais qui malheureusement est trop négligé ; le moindrehameau en profiterait, si la navigation étoit établie.

- 543. Il n’est aucune Province où Ton n ait fait des tentatives, des efforts

même, pour rendre navigables des rivières qui se joignent aux grands fleuves,comme nous l avons vu dans le détail des canaux projettés. Cependant les plusgrandes rivières telles que la Seine, la Loire, la Garonne, le Rhône, ontperdu beaucoup; ces fleuves essentiels qui font la principale ressource duRoyaume, s’encombrent à leurs embouchures, ce qui détruit insensiblementla communication des Provinces entr’elles, Sc le commerce extérieur de laFrance. La Somme à Saint-Valery (405?) , la Loire à Nantes (467), la Ga-ronne à Bordeaux (505) , le Rhône dans la plaine d’Arles (224), font ouseront bientôt fermés pour les navires : les munitions de la Marine furent arrê-tées à Arles près de deux mois en 1765 , une crue du Rhône les fit débou-cher ; mais quelle triste ressource que celle qui cause elle-même l’encombre-ment ! Les rivières moyennes font dans un état encore pire, Sc perdent journel-lement de leur navigation.

Ces inconvéniens se sont sait sentir de tout temps en Italie ; mais commeles dégradations étoient plus rapides, on s’accoutuma bientôt à y apporter desremèdes prompts Sc des attentions continues ; delà vient que Tarchitecturehydraulique a été cultivée en Italie, beaucoup plutôt Sc beaucoup plus quechez nous ; mais le temps a amené pour la France la même nécessité, Sc il n’estplus possible de négliger la science des eaux. Nous devons concevoir les plusbelles espérances à cet égard, en voyant l’excellente composition du CorpsRoyal & Militaire du Génie, celle du Corps des Ingénieurs des ponts Sc chauf-fées , l’établissement dune Chaire Royale d’Hydrodynamique, due à la vigi-lance éclairée de M. Turgot, alors Contrôleur général, Sc occupée par M.l’Abbé Bossut, si connu par son traité d’Hydrodynamique; la nomination des