RIVIÈRES, PÉAGES. 423
trois Directeurs de la navigation intérieure , M. d’Alembert, M. le Marquisde Condorcet Sc M. l’Abbé Bossut; tout cela annonce un prompt remède àtous les inconvéniens que nous venons d’exposer.
544. Lorsqu on aura remédié à cet inconvénient de la navigation sor nosgrandes rivières, il restera bien des choies à faire fur les rivières moindres. L’éta-bliísement des moulins est fur-tout ce qui rend les environs des petites riviè-res impraticables, par les rehauíïèmens exceíîifs que les Propriétaires ont faitsaux digues Sc aux chauffées, ainst qu’aux radiers d’arstont des moulins : par-iàon a inondé les plaines , on les a rendu mai saines, 8 c l’on a forcé les habitansd’abandonner des terreins qu’iis ne pou voient plus cultiver. Mais ce n’est pasà ces malheureuses vallées que se bornent les vapeurs Sc les exhalaisons dan-gereuses que la submersion occasionne ; élevées dans l’air elles s’y condensent,Sc portées par les vents sor les contrées voisines elles vont les infecter , commeles vapeurs des marais Pontins font sentir jusqu’à Rome leur pernicieuse influence,(Voye^ mon Voyage d’ïtalie, Tom. VI, page 31.) Les hommes, les animaux, lesproductions même de la terre s’en ressentent, Sc donnent lieu à des maladies épi—démiques, qui font si souvent des ravages avant que le caractère en soit con-nu. Il faut voir les horribles effets de cette infection dans i’ouvrage, où M. leComte Marin Carburi de Ceffalonie raconte ses travaux pour le monumentélevé à la gloire de Pierre le Grand.
Les Riverains ont entrepris par-tout sor la navigation des rivières, Sc il sem-ble que les plus importantes Sc les plus belles rivières ayent souffert ie plus deces déprédations. Tantôt ce sont les pilotis, Sc des ouvrages faits sor les rivespour se procurer des attériísemens fâcheux, tantôt des moulins dont les radiersont été élevés à trois ou quatre reprises, pour se procurer des chûtes d’eauplus considérables ; ici des chemins de hallage interceptés , qui mettent dansun danger continuel les bateaux, les Bateliers Sc. les chevaux de tirage; là, desplaines fertiles inondées par des retenues d’eau également nuisibles à la cul-ture & à la navigation. Tous ces maux sont connus, Sc les plaintes en sontportées journellement aux Administrateurs. La rivière de Bordeaux est sor-toutdans ce cas-là (405). Les hallages du Vivarais n’ont plus la largeur dp l’Ordon-nance, les chevaux de tirage sont obligés d’être souvent dans l’eau, ce quien fait périr un grand nombre. Les digues rompues en différentes parties duRhône, rendent le tirage impossible en plusieurs endroits ; les moulins de laQuarantaine à Lyon , les,mines du pont de Vienne , les roches de Saint-An-deol Sc de Valence, augmentent les dangers de cette navigation.
545. Le seul moyen de remédier à tous ces maux, est de remettre en vigueurles loix qui ont été faites pour conserver la liberté de la navigation. Les Ro-mains ont vu jadis dans nos pays, tout ce que nous y voyons nous-mêmes ;ils avoient établi sor tous les fleuves des Gaules , des Juges de la navigationdes rivières, qui tenoient un rang distingué entre les premiers Magistrats, Scils étoient chargés de prévenir les abus. Il y a sor cette matière diverses Ordon-nances : celles des Eaux Sc Forêts de Mai 1413, de Février 1415 , de Maiiy20,d’Octobre 1570, de Décembre 1577 ^de Février 1583, défendent de
■Attentions pourles petites rivières.
Entreprises faitesfur les rivières.
Règlemens faits àce íii/ec.