R I V I È R E S, P É A G E S. 4î j
la cauíè ; on l’a senti de tous les temps, & nos Rois ont sait íbuvent des efforts
pour y remédier, comme on ie verra bientôt.
Un grand bateau de la Seine chargé de marchandises, paye aux passages des Droits qui feponts depuis Rouen jusqu’à Paris 772 livres, lavoir, 1^0 livres au Pont-de- Sefnc&ia Loire.l’Arche ; 120 à chacun des ponts de Vernon , Poze, Mantes, Meulan 8cPoiíîy ; 12 livres à chacun des ponts du Pecq 8c de Chatou ; & 18 livres auPont-Royal. Il paye en autres droits p fols du millier pesant à Vernon, à Man-tes , 1 fol 8 deniers du cent pesant ; à Meulan, 2 sols 6 deniers ; à PoiíTy,
2 fols; à Conflans-Sainte-Honorine, 4fols 2 .deniers; 8 c à Saint-Denis, 3 fols4 deniers. Il paye aussi, des droits beaucoup plus forts à la Roche-Guyon; maisje n ai pas pu m’en procurer le tarif.
La partie supérieure de la Seine est également obstruée , de même que laLoire : en 1763, les Propriétaires du canal de Briare firent envoyer un InGpecteur pour dreíîèr un état des droits, 8 c des inconvéniens de perception furles rivières de Loire 8 c de Seine. On trouva que la réunion de ces droits,depuis Roanne jusqu’à Paris, montoit à <5 livres 8 fols pour un muid de vin;impôt dont les vins qui viennent par terre ne font pas tenus. Mais indépen-damment de cette íbmme, les retards auxquels font exposés les Voituriers ,
& le séjour qu’il faut faire aux différents ports, où lors est obligé de garrerpour acquitter ces droits, mériteraient déja une attention particulière.
Un bateau de vin qui part de Roanne, avec une charge proportionnée àla tenue de l’eau dans la belle saison, s’il n’étoit obligé de séjourner, pourraitarrriver à Briare en quatre ou cinq jours ; mais à raison du temps que les Mari-niers perdent pour íè garrer, attendre l’heure de f ouverture de chaque bureau,
8 c la commodité des Receveurs ou de leurs Commis pour la visite, ils em-ployeur huit à dix jours quand l’eau continue d’être bonne, & ils font expo-sés souvent à la décharge des bateaux, quand l’eau vient à fe perdre, 8 c qu’ilsurvient des glaces ou des débordemens. Je ne parle ici que de la Loire ; ily a de semblables retards fur le Loing & fur la Seine, à Némours, à Moret 8 càMelun. Il y a depuis Roanne jusqu’à Melun, dix-sept péages qui montentà 34 fols par bateau.
Les Propriétaires du canal faisoient beaucoup d’objections 8 c d’efforts , pourremettre les choses dans leur état naturel ; ils cherchoient à faire supprimer lesoctrois, dont la perception s’étend mal à propos fur les vins qui paíïènt debout,
8 c ne font pas destinés pour la consommation des villes qui les perçoivent, lespéages de la Loire, les droits de boette, dont les Propriétaires ne font aucunbalisage , les péages de Loing 8 c de la Seine , qui font confondus dans f'écude la rivière, 8 c un droit qui fut établi par la Déclaration du 12 Janvier1633 , pour tenir lieu de tous les autres. En attendant ils demandoient qu’onobligeât tous ceux qui perçoivent des droits fur les vins , a titre d octrois, depéages, &c. à rapporter leurs titres pour être examines dans un delai prescrit;
8 c en attendant l’examen, que la perception de tous ces droits se fit, quantaceux qui appartiennent à Sa Majesté, dans un seul 8 c même Bureau, à un en-droit 8 c port commode fur la route de Roanne à Paris, tel que Melun; 8 í