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Origine <!es Péa-ges-
426 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XVI.
pour ceux qui appartiennent aux Communautés, Villes & Particuliers, dansun seul & même Bureau, tel que Briare, où les bateaux séjournent pour la miseen mer , & où l'on est obligé de faire l’inventaire. Les bateaux une fois arrivésdans cette partie, font en sûreté contre les diminutions ou les débordemensd’eaux, Sc contre les glaces.
Les Fermiers Généraux perçoivent au Bureau de Vichy , un droit de 4 liv.7 fols par muid , fur les vins qui descendent la rivière d’Allier ; on sent le tortque cette imposition doit faire aux vins d’Auvergne, dont il est désavantageuxde faire emplette pour Paris, à cause de cette íomme à payer, indépendam-ment du prix des voitures qui est considérable de si loin ; cela empêche lasortie de plus de vingt mille pièces de vin d’Auvergne , qui viendroient àParis chaque année par f Allier; ces considérations avoient íàns doute déter-miné les Fermiers à se relâcher anciennement íur cette perception, mais ilsPont rétablie en 1742.
547. Les Douanes, les Péages, les Octrois font tellement à charge aucommerce, Sc par leur nombre, Sc par la manière de percevoir arbitrairementSc fans mesure, que souvent ils triplent la dépense des transports par eau, Scque les Marchands aiment mieux se íèrvir des voitures de terre ; elles devien-nent moins diípendiemíès, elles íònt íouvent plus promptes, elles íont exemp-tes des risques de la navigation , qui, quoique légers , se comptent encorepour quelque chose ; aufíì les vins de Bourgogne viennent-ils souvent par terreà Paris, tandis qu il en devroit coûter par eau la moitié moins. Un homme enplace que je íollicitois pour le canal de Bourgogne, me répondit ; « Quel cou-» rage voulez-vous que j’aie pour un canal artificiel, tandis que celui de la nature» devient inutile par la surcharge des péages ». Nous verrons bientôt combienlabus est criant fur la Saône Sc sur le Rhône (yyô, 558).
y48. Si l’on remonte à l’origine des péages, on voit les Romains en éta-blir en saveur des Chevaliers , pour récompenser leurs services militaires, Scles supprimer eníuite cid clamorem plebis , comme le dit Cicéron dans sesLettres à Atticus. Les péages reparoiíïent après l'expédition de Pompée con-tre les Pirates de Cilicie, Sc on les voit servir uniquement à sentretien desvaisseaux que la République fit armer contre les Pirates des istes de Crete Scde Rhodes, qui infestoient la mer Méditerranée. On voit les péages s'étendreeníùite íur les rivières pour en assurer la navigation, Sc devenir enfin un objet derevenu pour le fisc, lorsqu’il fut ordonné que les épiceries venant des Indes parlamer Adriatique *, payeroient un droit en nature de chaque eípèce de drogue ;voilà pourquoi dans toutes les pancartes anciennes des péages, on stipule le droitde péage en once , demi-once Sc quart-d'once de poivre, ou autres épices.Dans le quatrième siècle , Saint Jean-Chrifostôme fait encore mention des péa-ges , quand il se plaint que les chemins font devenus tributaires, Sc que l’airest vénal* A Dans le cinquième siècle, Sidonius Apollinaris, Evêque de Cler-mont, fait mention des péages en parlant des vexations des Proconsuls Ro-
* Buttée de AJse 3 L. IV. ..
** Saine Chrysost. Homelia in P faim. 38 .VU vecHgales funt J aervenahs.