Differens prétex'tes de péages.
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428 CANAUX DE NAVIGATION , Chap. X V L
vérage fur les moutons, ainsi nommé a pulvere, & établi dans les temps d’i-gnorance & de tyrannie, subsiste encore, & empêche les Propriétaires destroupeaux de profiter des pacages déserts , si convenables à la nourriture dece bétail, & de leur faire parcourir plusieurs contrées, comme en Espagne, oùla beauté des laines est en partie s causée par le changement continuel d’air &de pâturage ; les troupeaux vont pendant six mois dans les différentes Provincesdu Royaume ; & bien loin d'y percevoir un droit de pulvérage, on íè fait unplaisir de les y recevoir.
54p. Dans le temps où il y avoit en France peu de chemins, les transports pareau étoient les plus commodes & les plus ordinaires : les Princes à les Seigneursy cherchèrent naturellement une ressource dans les besoins publics ; on ne crai-gnit pas ensuite de barrer les rivières, pour forcer les Marchands au paiementdes droits qu on vouloit leur imposer.
Les rivières formoient les limites naturelles des Etats, & les Souverains yavoient établi leurs Douanes, ou les Bureaux des droits qu ils vouloient êtreperçus fur les denrées & les marchandises d’importation & d’exportation deleurs Etats. La réunion successive de différentes Provinces à la Couronne n’apoint opéré la suppression des Douanes établies fur les frontières des Provincesréunies, elles ont continué d’être réputées étrangères, quoique dans f inté-rieur du Royaume ;, tels font le Limosin, f Auvergne , le Dauphiné , le Lan-guedoc , la Provence. On y a maintenu ces droits fous différons prétextes,& la communication d une Province à 1 autre est aussi difficile pour nous, quellel’étoit quand ces Provinces appartenoient à différons Souverains.
Ces droits font même plus forts fur les rivières qu’ils ne le font par terre,& qu’ils ne letoient dans leur origine; car, suivant fobfervation de M. d’A-gueíîèau dans le £rocès-verbal de 1689 , il fe trouve dans certains endroits,que les deux rivages ont appartenu autrefois à des Souverains différons; chacunpercevoir de fòn côté des droits d’entrée ou de sortie ; aujourd’hui l’on perçoitles mêmes droits alternativement dans le cours de la navigation fur le piedle plus haut, tel qu’il étoit anciennement fixé pour chaque rive par les Sou-verains respectifs. En descendant le Rhône, on paye tantôt comme si ce fleuvefaifoit partie du Languedoc, tantôt comme s’il dépendoit de la Provence,suivant que l’alternative est plus favorable au tarif.
Pour remédier à tant d’abus, le Gouvernement a songé à supprimer d’a-bord les Douanes de l’intérieur du Royaume, en les rejettant à la frontière oùelles rendroient davantage, íùr-tout par de nouvelles évaluations, que toutesles Chambres du Commerce du Royaume ont faites des marchandises, dansle travail quelles ont fourni par ordre du Conseil, pour la confection du nou-veau tarif qui devoir avoir lieu (562). v Quant à la suppression des péages, aussijuste que nécessaire au peuple, elle a été tentée plus d’une fois, depuis fanri2o jufqu’à ij 66 9 comme nous le dirons bientôt (553).
L’ufage d’impofer des droits de péage, & la commodité de récompenser ainsiles services des vassaux aux dépens du peuple, multiplia les péages à i’insini ;lez Princes même en accordèrent fur les terres de leurs ennemis ou de leurs
voisins