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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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RIVIÈRES, PÉAGES.bien d autrui. Mais l’injustice est un poids intolérable à l’humanité & à la rai-son : chacun fait ses efforts pour en secouer le joug ; en effet la rivière deSaône passe aux pieds des forges de la Franche-Comté , tandis que ses fersprennent la route de terre Sc fuient la contribution (541)* La ville de Lyonpour qui la Saône est comme une trémie , par laquelle les grains de la Bour-gogne devroient couler habituellement, cherche ailleurs íà subsistance plutôtque de contribuer injustement à une imposition onéreuse; le Commerce éviteles droits comme sommai fuit la mort; mais la mort du commerce Sc de i’a-griculture c est le charroi par terre ; le moyen de vivifier i’un Sc 1 autre,est donc de supprimer les péages, afin que le cours naturel de la navigationsoit rétabli. La soppreffìon des octrois de la Saône est importante, elle estjuste ; mais par quel moyen y parvenir, si la levée de cet impôt est indis-pensable pour 1 acquittement des charges, auxquelles il est spécialement affecté.La réponso qui fe présente naturellement , est qu’il faut remettre chaquechoso à íà place, conformément à la raison & à la justice.

Loríqu après la paix de Rifwick , la France voulut réparer fes pertes parune réforme dans plusieurs parties de son administration, on vit en Bourgogne,comme on le voit aujourd’hui, que les octrois de la Saône fervoient à payerune partie des impositions de la Province. Cette levée de deniers qui ne por-toit pas essentiellement fur les biens des Propriétaires, attira beaucoup fat-tendon du Ministère; les Elus généraux répondirent à i’obfervation qui leuren fut faite, que les impositions qui pourraient être faites fur les Paroisses,feraient extrêmement onéreuses au peuple, à cause du grand nombre de Privi-légiés , Sc que par cette raison on avoit eu recours aux crues du sel ; c’est-à-dire , à des augmentations sor le prix courant des Gabelles, Sc aux octroisde la Saône.

Cette réponse présonte deux réflexions , la première, que la raison del’exemption des Privilégiés est la même pour toutes les Provinces du Royaume,qui cependant ne payent pas leurs impositions, en y faisant contribuer lesVoyageurs Sc les marchandises qui passent sor leur territoire ; la seconde ,que f imposition sor le sel est en effet plus égale, parce que les privilégiésla payent comme les autres sojets ; mais elle est beaucoup plus onéreuse auxpauvres. Quant à la levée des octrois de la Saône, elle n’a aucun rapportavec le privilège qui en est le prétexte , ainsi il n’y a que la crue du sel quisoit imposée sor la Province, puifqu’à l’égard des octrois, ce sont les Pro-vinces étrangères au-deflus Sc au-deflbus de la Bourgogne qui la supportententièrement ; c’est un soulagement que la Bourgogne s est procuré par le cré-dit des Princes qui en ont toujours été Gouverneurs ; mais ce soulagement estdevenu nuisible à elle-même par le tort qu’il fait au commerce de Bour-gogne , aussi a-t-il déja été question en 1762 de sopprimer ces octrois.

y 61. Les péages de la Somme en Picardie sont encore tres-onereux ; celuide Péquigny fur la rive gauche de cette rivière, a 8 milles d Amiens, est le plusconsidérable, Sc celui dont la soppreffìon procurera le plus d’avantage aucommerce de la Picardie Sc même de tout le Royaume, puisque -toutes les

péages de laSowwe.