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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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4f6 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XVII

jamais les yeux íiir ces canaux, dit le P. Friíì, fans éprouver un sentimentd’admiration, pour les illustres Ingénieurs qui ont trouvé le moyen de sur-monter tant de difficultés ; il a fallu, dans l’un Sc l’autre des deux canaux de navi-gation, faire de très : grands travaux aux prises d'eau, afin de forcer les eaux à yentrer constamment ; on a été obligé d’y pratiquer plusieurs déversoirs pour dé-charger les eaux surabondantes dans les crues du Tésin, de l’Adda , Sc de quel-ques torrens qui y entrent à pleine embouchure. Le premier canal est soutenupendant seípace de deux milles , par une chauffée de pierre, 8 c pendant plu-sieurs autres milles, il a fallu le creuser dans une côte fort élevée. Il a falluconduire le second pendant l’eípace de cinq milles fur une côte, & le creu-ser en plusieurs endroits dans le roc, & ensuite lé soutenir sur la gauche parune digue de pierre Sc de terre jusqu’à la hauteur de 73 pieds , & plus , au-dessus du fond de l’Adda, qui coule à côté fur une pente précipitée. II afallu le faire passer par-destus le torrent Molgora, au moyen d'un pont de pierrede trois arches, Sc le laisser traverser par la rivière de Lambro , qui y entre Scen sort dans sès plus grandes crues.

Mais quelque grands Sc utiles que sussent ces ouvrages dans leur prin-cipe , la navigation étoit encore bien imparfaite avant i’invention des éclusesà bassin , que les Italiens appellent vulgairement Conche. Les anciens avoientune méthode pour modérer la trop grande pente des rivières, & y entrete-tenir la quantité d’eau nécessaire, par le moyen de certaines écluses que l’on, pouvoir ouvrir lorsqu’il étoit question d’y faire pafíèr les barques. Bélidor nousen a donné la description dans le troisième Chapitre du quatrième Livre de sonArchitecture hydraulique , Sí telles étoient probalement les deux écluses faitesà Governolo dans les années 1198 & 13pq , pour soutenir les eaux duMin-cio du côté de Mantoue,

Difficultéd e k 588. Mais au-defíus des canaux il restoît encore de plus grandes difficultésrAdda, non de pour la navigation du Miianez : en effet, malgré toute la dépense qu’on avoitfaite à la Martesàna, l’on n’avoit point rempli le principal objet, qui étoit d’éta-blir la navigation depuis Milan jusqu au lac de Côme ; parce qu’au-dessus mêmedu canal, Sc à cinq milles de la prise d’eau, il y a des rochers dans PAdda Scune chute extraordinaire , qui ne permettent pas d’y naviguer. Settala ditque François Síorce I avoit rendu navigable l’Adda dans cette partie; maisque la violence des eaux détruisit les ouvrages qu’on y avoit faits. Le canaldu Tésin n’a pas cet inconvénient pour la navigation, le tronc supérieur de cetterivière est navigable jusqu’au Lac majeur dune part, tandis que de i’autreon va jusqu’au Pô 8 c jusqu’à la Mer ; mais la partie de l’Adda qui est au-dessusdu canal de la Martesàna, a un fond si rapide Sc si irréguiier pendant un peuplus de six milles , que l’on ne peut remonter jusqu’au lac de Brivio , d’oùl’Adda recommence à être navigable , pour aller jusqu’au lac de Côme , commeon l’a dit ci-devant. La nature dune grosse rivière qui coule inégalement, Scsur une très-grande pente , entre les montagnes, n’a pas arrêté les anciens In-génieurs : Pagnani nous a laissé, dans un petit Ouvrage, tout le détail du projetqui fut concerté en 1^19, entre les Ingénieurs Mastàglia Sc Délia Valie,après une visite authentique ; mais on n’a pu l’exécuter (589), Si