CANAUX DTTALIE ET D^ËSPÀGNË. 457Si les obstacles des rochers étoient une fois levés , en remontant f Addal’espace de cinq milles au-dessus de la prise d’eau du canal de la Marteíàna ,on continueroit la navigation jusqu’au lac de Corne ; la difficulté se réduiroitmême à un espace de 1300 toises qui est le plus critique de tous, 8c oùil y a une chute de 84 pieds : tout le lit de la rivière dans cet espace est siirrégulier, si rapide 8c si parsemé de gros rochers, que Ton ne poursoit ypaíïèr fans danger ; ce paíïàge a quelque rapport avec celui de Trolhette enSuede , dont nous parierons dans le Chapitre XIX, Louis XII & François Iayant occupé le Milanez, formèrent divers projets pour remédier à cet incon-vénient. François I donna en 1516, cinq mille ducats dor à la ville de Milan >ce qui faisoit la cinquième partie de la dépense. Alors ces premiers Ingé- Pr °/ ec ç artal 1nieurs qui ne purent escarper les rochers, 8c rendre navigable le lit de la ^ ^ 1rivière dans un pas de cette nature, proposèrent d’en tirer une branche, 8c decreuser dans la petite vallée de la Rochette qui est contiguë à l’Adda fur ladroite , un canal de 3 3 pieds de large, en y faisant entrer seau par le moyend une forte écluse de 13 pieds de hauteur, qui seroit appuyée aux trois rochersqui portent le nom de trois Cornes . Mais le changement de domination fitque l’entreprise ne fot point terminée.
589. Vers la fin du seizième siècle, Joseph Meda, célèbre Architecte deMilan » & Barca, firent exécuter deux grands sas, & lexcavation fut faite, tellequ elle existe actuellement ; mais quelques fentes ouvertes dans le fond ducanal, rendirent lexcavation inutile : on finit par démolir lecluse, 8c laisserla rivière dans son premier état.
Le Père Frisi a vu un semblable accident arrivé au canal de Bologne en Ita-lie, il y a quelques années : les eaux s’étoient ouvert un passage à travers untuf dur, dans lequel est creusée l’ouverture d un canal le long du Reno un peuau-dessous de lecluse de Casalecchio : les eaux ont dans cet endroit une chutetrès-grande fur le fond du Reno qui est contigu (603) ; elles élargirent beau-coup la rupture en très-peu de temps, 8c elles auroient fait perdre la navi-gation si l’on n’y eût remédié promptement, en réparant tout le désordre avecbeaucoup de dépense , par le moyen d’un double mur fait en pierres avec dela pozzolane. Ainsi dans le cas proposé 8c dans tous les autres cas semblables,où il seroit question dè faire une excavation horizontale dans un terrein depeu de consistance > & à côté dune rivière qui auroit beaucoup de pente,la sûreté de l’entreprise exigeroit que le bord contigu du canal fût continuel-lement soutenu par une forte digue de pierres , comme on la pratiqué dansles premières branches des deux autres canaux de Milan.
590. L’accident survenu au nouveau canal de l’Adda, fit désespérer long-
temps du succès de cette navigation ; mais enfin après deux siècles d’interrup-tion, l’ouvrage a été repris au mois de Septembre 1774 > f°us l es auspices de^Impératrice Reine, & de f Archiduc Ferdinand, Gouverneur Général de laLombardie Autrichienne, 8c l’on espère que bientôt cette petite partie de canalsera enfin navigable ; l’on ira pour lors de Milan jusqu au lac de Corne plusfacilement qu’on ne va au Lac majeur par le Tésin qui est beaucoup plusrapide, mais non pas impraticable. Z y
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