ALLEMAGNE, SUEDE. j 0 p
vingt-quatre pieds de large & douze écluses; il sert principalement à transporterdes vins de la côte jusqu’au port d’Yverdon ; il en paíse quelquefois jusqu’à7000 tonneaux par an, chacun de 400 pots meíùre de Berne ; On y fait auíïïpaíser des sels à des marchandises qui vont íhr le lac de Neuchâtel, & celuide Bienne, & delà à ia rivière d’Aar, qui est navigable jusqu’au Rhin. Les ba-teaux avec lesquels on navige fur ce canal, portent environ 300 quintaux.
710. On envoya en 1772, un Ingénieur Hollandois poùr examiner le canal& les obstacles qu il y auroit à surmonter , pour letendre jusqu’au lac de Ge-nève, qui n’est éloigné de Coísonay, que d’environ dix milles. Après avoir bienexaminé la chose, il trouva que cette communication étoit très-praticable, Scqu’il n’en coûteroit qu’environ 1 j 1 0000 livres de Suiste , ou 22 1000 livres deFrance ; mais les Propriétaires actuels ne font pas en état de faire cette entre-prise; il seroit à deíirer que la ville d’Yverdon ou la République de Berne fîtl’acquiíition de leurs droits, pour étendre le canal jusqu’au lac de Genève.
La rivière d’Orbe ou la Thiele sert actuellement à cette navigation pourarriver au port d’Yverdon, & fournit le canal sur un espace de cinq milles; Unepartie de J’eau se tire de la Venoge, par le moyen dune écluse près d’Eglepends,qu’on ouvre suivant le besoin.
Le canal au couchant de Chavornay à cinq milles d’Yverdon, est soutenu deb ou 4 pieds au-destus des marais par une chaussée qui retient ses eaux, de forteque jusqu’à l’écluse appellée Porte-neuve ; e’est plutôt une digue qu’un lit creusépour un canal. Il y a des parties où l’on a été obligé de faire des escarpemensde rochers. Ce canal n’ayant pas été fini, on l’afort négligé; ons’est contentéde réparer les dégradations des murs de íòutennement par des éperons qui em-barrassent le paíìage. Si l’on continuoit cette belle entreprise, il faudroit remettreles murs dans leur premier état, ou même les reconstruire avec plus de foin.
Le canal se termine dans i’Orbe vers Prazpély au-dessus d’Ependes à deuxmilles d’Yverdon, à l’endroit où le Talent groffi par les eaux du Nozon, fejette dans cette rivière d’Orbe, & la rend propre à la navigation jusqu’au laed’Yverdon.
711. La rivière de Venoge, qui de l’autre çòté va íe jéttér dans le lac desGenève près de Morges, n est pas navigable à cause de íà rapidité ; mais seseaux qui font assez abondantes, pourroient également íèrvir à remplir unebranche de canal qui iroit depuis le port fous Costbnay jusqu au lac de Ge-nève, tout comme elle sert aujourd’hui à remplir le canal dEntre-Roche àYverdon.
712. Au reste, les Suisses ont cru ìong-temps devoir s opposer à 1 ouverturedes grandes routes íur leur territoire , & par conséquent à la construction descanaux, pour ne pas ouvrir trop leur pays & s’exposer aux invasions; voilàpourquoi l’on á pris peu d’intérêt à celui d’Yverdon. Il y en avoit auísi quâcroyoient que l’usage des canaux seroit tort aux gens de la campagne, enleur ôtant le bénéfice qu’ils font fur les voitures ; ce préjugé ridicule à mêmeproduit des représentations qui ont été faites par une partie du pays de Vaud »au Gouvernement de Berne, lorsqu’une Compagnie a proposé là continuation
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