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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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Canal Jc Man*heim.

515 CANAUX DE NAVIGATION Ciî'ap. XIX.

du canal d’Yverdon jusqu’au lac de Genève. Mais il paroît que les idées se sontétendues, & que les préjugés se sont éclaircis. On fait en S uisse de très-beauxchemins, & l'on y fera peut-être bien-tôt des canaux.

713. Vers 1760, il nexistoit fur tout le lac de Genève qu une dixaine demauvaises barques plates, qui appartenoient la plupart aux habitans de Savoie,qui navigeoient avec une feule voile presque sans s’écarter du rivage ; actuei-ment les Suisses & les Genevois en ont de mieux construites ^ & l’on en comptedéjaenviron 80 ;cependant elles font encore st imparfaites, quelles ne peuventnaviger que vent arrière. M. Racle, Entrepreneur des travaux de Versoix, est lepremier qui ait établi fur le lac des barques marchandes : après en avoir perdudeux qu il avoir fait construire par les Ouvriers du pays, il fit venir des Char-pentiers de Toulon, & fit faire une barque fur de bons principes, comme onles fait pour la mer ; elle brave les plus fortes tempêtes du lac, & pince levent au plus près, ce que ne peuvent faire les barques du pays , fans courirrisque de faire naufrage.

Nous avons parlé ci-devant du canal du Rhône qu il faudroit faire en Francepour ouvrir la communication entière du Rhône avec le Rhin, fur laquelle onpeut voir austì le livre de Loth. Vogemont, cité art. 253 , pag. 212 *.

714. De la Suisse en descendant le Rhin, nous entrerons en Allemagne,A nous trouverons d’abord le canal de Franckenthâi ; cette ville est située àtrois mille toises environ du Rhin , & de la ville de Manheim, Sf avoit besoindune communication directe avec la Capitale ; en conséquence, i’Electeur asait Ouvrir un canal de Manheim à Frankenthal. Il étoit fort avancé lorsquei’Electeur alla le visiter dans une barque le 29 Octobre 1775. M. Dicker-hoff, Inspecteur des digues, a reçu des marques de la satisfaction du Sou-verain relativement aux écluses qu’on y a construites : on craint cependant quela violence du Rhin ne rende quelque jour ces travaux inutiles.

715. Le Prince de Durlach , actuellement régnant, amateur des Sciences &des Arts , a entrepris en 1770, un canal qui va de la Capitale à íà résidencede Carlsrouhe, & quia coûté 60 mille florins; il fournit de seau à la ville deCarlstouhe , & facilite le transport des pierres qu’on tire des carrières de Groe-zingen près de Durlach. L’eau de la rivière d’Alb entre dans le Canal près dela porte de Durlach; arrivé ensuite à la porte de Carlsrouhe, le canal se di-vise, il passe en partie dans des canaux souterreins qui règnent fous la longueurde la grande rue, & tombe hors de la ville dans les fossés ou Stadtgraben ;le reste passe dans le fossé qui est à gauche de la ville, & tombe dans la rivièred’Alb. Cette rivière se jette ensuite dans le Rhin près de Knielingen.

On se plaint, à la vérité, de ce que les moulins de Durlach manquent d’eauquand on fait hauíïer les eaux du canal ; mais Ion espère en pouvoir fournirassez pour lever cette difficulté.

?i6. Dans le Duché de Wolfenbuttel, le Duc Charles II a fait tirer uncanal en 1750, entre Querrem A Glissenroda, & a rendu l’Ocker navigable

* Ce livre n est point à la Bibliothèque du Roi, Sc je u’ai pu parvenir à le voir ; je le cite d’après M.Oberlin.