Buch 
Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
Entstehung
Seite
533
JPEG-Download
 

ASIE, AMÉRIQUE. ^2

les vaisseaux des naufrages íùr ce lac , qui est assez dangereux ; tel est à-peu-près le canal des étangs en Languedoc. Je ne doute point, continue lAuteur,que les Architectes Européens ne conçussent une grande estime de lindu strie& de f adresse Chinoise, sils avoient vu la profondeur & la largeur de ces fof.sés, la hauteur & lepaisseur des murailles & des digues, & je puis dire qu à lavue de toutes ces merveilles, on diroit hardiment que c est la plus belle entreprise& le plus beau travail qui soit au monde. Il y a des personnes gagées pour tirerles navires des Marchands, par le moyen de leurs barques quiis font voguerà force de rames, jufquà ce qu ils ayent passé toutes ces chaussées. Ce canal acent mille pas de longueur, à ce que m en ont dit les personnes qui lont par-couru depuis un bout jufquà f autre. La Chine dAthanase Kirchere de la Comp.de J. illustrée de plujìeurs monumens , SCc. traduit par F, S. dAlquié, Amsterdam1660 3 fol. pag. 2,94.

770. On voit plus clairement dans la Relation du P. de Magaillans ,en quoi con-sistent les pertuis du grand canal, & les manœuvres du paíîage des barques ,dont il raconte les difficultés : voici ce qu il en dit, pag. 141 & 142. Ce canala en divers endroits, tant pour diminuer le courant de seau, que pour la ren-dre plus profonde en la retenant, soixante-douze écluses, que les Chinois ap-pellent Cha. Elies ont de grandes portes faites de grosses pièces de bois,quon ferme la nuit & qu on ouvre le jour pour faire passer les barques. Onpasse la plupart de ces écluses avec beaucoup de facilité ; mais il y en a quel-ques-unes qu on ne peut passer qu avec bien de la peine & du danger ; uneentr autres, que les Chinois appellent Tien fi Cha , cest-à-dire, la Reine & laMaîtresse du Ciel, asin dexprimer par ces termes hyperboliques , íà hauteurextraordinaire. Quand les barques vont contre le courant, <& quelles íònt arri-vées au bas de cette écluse , on attache à la proue quantité de cables & de cor-dages ; on les fait tirer de part & d autre du canal , par quatre ou cinq censhommes , ou même par un plus grand nombre, selon le poids & la grandeurde la barque; dautres travaillent en même-temps avec des cabestans placés ífirles murailles de 1 écluse, qui font fort larges, & bâties de pierres de taille. Outreces cordes, il y en a dautres fort grosses quon entortille à de grandes colonnesde pierre ou de bois, afin de retenir la barque, si les autres cordages venoientà se rompre. Quand toutes ces cordes font attachées, on commence à tirerpeu-à-peu , au son dun bassin quon frappe dabord fort lentement, & de loinen loin ; mais lorsque la moitié de la barque, pour le moins, sest élevée à la hau-teur du canal fiipérieur, comme le courant fait alors plus dimpression, on frap-pe le bassin avec grande vitesse; tous en même-temps poussent de grands cris,& font ensemble un tel effort, qu en un moment la barque acheve de monter;on la retire alors dans leau morte qui se trouve entre les côtés du canal, Sc lemilieu du courant. On fait deseendre les barques avec beaucoup de prompti-tude & de facilité, mais aussi avec bien plus de danger : on attache à la poupequantité de cordages quon retient ou quon lâche également de part & dautre.En même-temps , il y a des deux côtés des hommes, qui, avec de grandesperches ferrées , conduisent la barque par le milieu du canal, pour fempêcher

T 6

Manière de pas-ser les peuuis.