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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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534 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XXL

de heurter contre les jambages ou grosses pierres où les portes font attachées.Lorsque la barque a passé , on lâche les cordes qui la retiennent, 8 c l’empê-chent de fe précipiter ; elle est emportée par le courant, d une vitesse égale àcelle dune flèche , jusques à ce qu elle s arrête peu-à-peu, de même que i’eau,Sc recommence à voguer de la manière ordinaire. Il est aussi parlé de ces per-mis dans les Mémoires du P. le Comte , comme nous le dirons bientôt (778).

Histoire du grand 771. On vient de publier le second vol. des Mémoires fur la Chine , en-

Cjrstal * voyés à M. Bertin, Ministre d'Etat, 8c dont M. l’Abbé Bateux a procuré 1 ’im-

prefíìon. Parmi divers Mémoires intéreíïàns,on y trouve des remarques íùr lelivre de M. Paw, intitulé: Recherches philosophiques fur les Egyptiens & les Chi-nois ; ces remarques datées du 27 Juillet 1775, font d un Missionaire très-instruit, mais qui n aime point les exagérations ; il n a point voulu se faire con-noître, & il n est désigné que sous le nom do l’Anonyme tranquille : il parledes anciens canaux (781) & du canal Impérial, d une manière naturelle, Sc quine «'éloigne point de ce que je viens de rapporter d’après les anciennes rela-tions. Le Yu ho, dit-il, ne commence qu au fleuve Jaune, dans le Kiang-nan; il a été fait uniquement, pour faire arriver annuellement Sc íàns péril,les barques de l'Empire qui portent à Péking le riz de la capitation des Pro-vinces ; mais il sert auffi aux barques Impériales, pour le sel, pour les troupes,pour les foies , le thé , les porcelaines, Sc en général pour tout ce qui vientde plusieurs Provinces , ou pour la maiíon de l’Empereur, ou pour l’Empire.

Ce canal est à l’extrémité de l’Empire ; il n aboutit qu’au Pe tche li, qui estla Province la plus stérile Sc la plus pauvre ; il est fermé par les glaces depuisle mois de Novembre jusqu’au mois de Mars ; quand les pluies d’été retar-dent , seau y manque dans plusieurs endroits ; ainsi on a eu tort de dire qu’ilétoit la íource du grand commerce de la Chine.

Cet Auteur, après avoir raconté ce que les Chinois firent dans les siècleséloignés, pour la navigation intérieure de l’Empire(781), explique ce quidonna occasion au canal Royal, Yu ho.

<772. Les Yuen ou Mongoux ayant conquis la Chine vers l’an 1260, voulu-rent mettre leur Capitale à Péking , pour tenir de plus près aux Tartares duNord qu’ils craignoient, dont ils ne pouvoient pas fe passer, & qu’il n étoitpas aisé de ménager. Or, ayant échoué dans leur entreprise contre le Japon,Sc n étant pas exercés dans la Marine, ils prirent le parti de renoncer à la voiede la mer, pour faire venir à leur nouvelle Capitale, les grains & les autresprovisions dont ils avoient beíòin , Sc imaginèrent de creuser le Yu ho, pourse procurer une navigation sûre Sc tranquille. D’ailleurs , une nation im-mense , qui n avoit été subjuguée que par íùrprise Sc par la foiblesse de sonGouvernement, pouvoit secouer le joug, damant plus aisément que les nou-veaux Maîtres étoient comme noyés dans leur nouvelle conquête, à cause deleur petit nombre ; il étoit donc de la politique des conquérans, d’occuperl’attention des íùjets, par une grande entreprise, Sc de contenir la multitude, enl’accablant de travaux : auffi les Mongoux exercèrent toutes sortes de tyrannieíùr le peuple, dont le fort devint incomparablement plus dur que celui de