ASIE, AMÉRIQUE. ^
leurs chevaux. Ceux qui conduisirent cette grande entreprise, navoient pas desplans arrêtés , ils avancoient en tâtonnant, échouèrent bien des fois , doublè-rent les dépenses Sc les travaux fort inutilement; ils firent un ouvrage pleinde défauts, Sc qui ne pouvoit pas durer. Les preuves de tout cela fònt con-signées dans les annales, par des faits dont les détails augmentent la force Scla certitude. Les Mongoux, à dater de leur entrée en Chine, n’ont ’régné quequatre-vingt-dix ans. Ainsi l’activité du commerce na pas été leur ouvrage ,comme on la quelquefois prétendu ; ils n’auroient pu étendre la navigation Scle commerce, ni même les soutenir, s’ils n’eussent été appuyés fur l’antiquesplendeur de TEtat ; peu s’en fallut que les Chinois ne laiílaíïent dégrader Scdépérir le grand canal. Au reste, il ne pouvoit être dune utilité qui dédomma-geât des frais immenses de son entretien, qu autant que les Empereurs íèroientà Péking, Sc continueroient à en faire la Capitale de TEmpire. Or, le Fonda-teur des Ming vers 1368, ayant choisi Kiang king fou pour íòn séjour Sc enayant fait íà Capitale, ce canal devint à-peu-près inutile au commerce de l'Em-pire, parce que le haut Chan tong Sc le Pe tche li qu il traverse, étant lespays les moins fertiles de la Chine, Sc situés à une de'íès extrémités, ils nepurent, ni servir aux échanges, ni en être l’entrepôt; il étoit également inu-tile au Gouvernement, qui navoit rien à envoyer dans ces Provinces, Sc n en Ré Ppouvoit tirer que peu de chose , cependant on ne laistà pas que de s’en diversoccuper. II y a une histoire de la conduite des eaux ( Choui hing kin kien) enquarante volumes, toute composée de citations Sc d’autorités que l’Auteur s’estcontenté de rapprocher Sc de commenter ; il a consacré vingt-íept livres entiersà raconter , année par année , ce que firent les Empereurs de la Dynastie desMing,pour entretenir, consolider, Sc perfectionner les ouvrages immenses du canal,
Sc l’on y trouve 1 addition des sommes qu ils y dépensèrent. Ensuite Tai tsou,Fondateur de la Dynastie des Ming, commença à faire faire des réparationsau canal, dès l’année 1369 , cest-à-dire , un an après qu’il eut pris Péking,parce que les Yuen l’avoient beaucoup négligé depuis les commencemens deleurs malheurs. Ce même Auteur raconte qu il en fit faire d’autres la cinquième,la sixième, la treizième, la quatorzième, la quinzième, la dix-septième, lavingtième, la vingt-quatrième, la vingt-sixième, la vingt-neuvième Sc la tren-te-cinquième année de íòn régné. Yong lo ayant choisi de nouveau Pékingpour íà Capitale, il vit le besoin qu il avoit du Yu ho : il entreprit de le ren-dre tel qu’il devoit être, sans s arrêter aux difficultés qu’on lui fit fur l’impossibilitéde réformer un ouvrage, dont le plan étoit défectueux Sc indéformable, parcequ on avoit manqué les niveaux , Sc qu’on navoit pas fait aíïèz d attention auxeffets des sécheresses Sc des inondations. Ce grand Prince employa les plusíàvans hommes de íòn temps, les échauffa de íòn génie, & ouvrit les trésors del’Empire ; il fit ménager de nouvelles décharges Sc de nouveaux réservoirs ; ilchangea la route du canal, là où il étoit nécessaire ; il en fit refaire d’autres par-ties différemment, Sc l’on vint à bout de faire venir par eau à Péking, fans lesecours de la mer, tous les grains Sc tous les approvisionnemens nécessaires.Quand f Historien est parvenu à l’époque de la Dynastie régnante,à Tannée 1647*