Ces canaux fontinférieurs auxnôtres.
|3 6 CANAUX DE NAVIGATIONS Chap. XXL
quatrième année du régné de Chun chi , premier Empereur de cette Dynastie -ri dit que les pluies de la sixième lune entamèrent la levée de Tchang lio ,& causèrent un engorgement; pendant les dix années suivantes, il ne.survintaucun accident ; mais comme fur lasin des Ming, les loix établies pour l’entre-tien du canal avoient été for t négligé es, quelques écluses étoient endommagées.Sc le canal étoit envase en diffirens endroits. On y voit auffi positivement queles dix mille barques de riz arrivoient chaque année comme auparavant à lafin de f été. On rend compte , dans le reste de cette histoire singulière, de ce quefirent faire Chun chi pendant tout son régné, Sc Kang hi jufqu’à la cinquantièmeannée du sien, pour .entretenir ce canal, remédier aux accidens, ou les prévenirpour la fuite.L’Auteur des remarques appelle cette-Histoire de la conduite des eaux,un ouvrage singulier, parce qu il est probablement unique dans le monde, fm>tout par l’attention qu on y a eue , d’aíîùrer aux siècles à venir une connoiíîancedétaillée des tentatives Sc des entreprises, des fautes Sc des succès , des acci-dens Sc des contre-temps, des dépenses Sc des travaux, des anciennes pratiquesSc des nouvelles inventions , enfin de tout ce qui a rapport à i’histoire de laconduite des eaux pendant plus de deux mille huit cents ans. Si jamais, dit-il,on prenoit véritablement du goût en Europe, pour les grands objets qui inté-ressent la société, il seroit important d’avoir un extrait bien fait de cette grandehistoire. Mémoires fur la (H, T. I!, pag. 344 Sc íùiv.
773. Voilà tout ce que j’ai pu rastembler de notices íùr le fameux canal Impérialde la Chine ; il me semble qu en séparant dans les deseriptions précédentes,tout ce qui est positif & détaillé d avec ce qui n’est qu embellissement ou exa-gération de Voyageurs, on est beaucoup moins étonné que ne i’ont été laplupart de nos Ecrivains. Il faut trois mois pour aller de Canton à Pékinpar eau, quoiqu il n’y ait guères plus de 400 lieues ou 920 milles en lignedroite ; mais je ne vois pas qu’à fexception du canal Jun ou Ju ho qui est entrePéking. Sc Nanking , il y ait star cette route aucun canal d’une grandeur remar-quable. Nous avons vu par f Atlas Chinois, que cela se réduit à une trentainede lieues de canal. Dans le voyage des Ambassadeurs Holiandois de i6y6, ilest dit. que l’on fait le voyage de Canton à Pékin toujours par eau, excepté dansla Province de Kiarosi, où il y a trente-six lieues de montagnes , Sc que depuisNankin jufqu’à Pékin, on fait aisément le voyage fur le canal Royal Sc íùrla rivière Jaune ; mais dans le détail des articles, il n’est parlé de ce canal quedepuis Nankin jufqu’à Pékin; on parle même souvent de rivière plutôt que decanal. Quant au mérite de ce travail, le P. Duhalde convient qu’il est dans unterrein uni, où il n’y a eu ni montagnes à applanir, ni rochers à couper ; qu’iln’a que cinq à six pieds d’eau, Sc quelquefois trois pieds seulement ; qu’on aprofité des rivières même, Sc qu’on fait encore une journée par terre; qu’ilest sujet à des dégradations Sc des réparations continuelles; enfin qu’il n’a demérite que fa longueur. Foye^ le P. Duhalde, T. I, pag 33. T. II, pag 15d.
Un semblable canal où il n’y a point d’éclufes , n étoit pas plus difficile àfaire que se grande muraille de la Chine, il ne falloit que creuser ; les brasne manquoient pas dans un pays aussi fécond que la Chine , Sc on ne les épar-
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