Canaux de comjnunications,
§Z8 CANAUX DE NAVIGATION , Chap. XXL
qu avec de la terre soutenue par des pieux, dont on ferme i’entrée avec desnattes, ou avec d’autres choses semblables. Cependant comme l’industrie 8c letravail des Bateliers & des gens du pays soppiéent à ce défauts cette routene laiíîe pas d’avoir des avantages qui la font fréquenter par beaucoup de Mar-chands, qu une journée par terre, indispensable dans la route de Canton par laProvince de Kiang h, ne laisse pas d épouvanter, à cause de la dépense 8c dela peine qu’il y a pour traníporter les marchandisos.
Ils auroient la même incommodité à essuyer, s’ils venoient de Canton par laProvince de Hou quang ; puisque la ville Y tchang hien de cette Province,d’où coule la rivière, qui passant à Chao tcheou fou so joint à celle de Canton,est éloignée de sept lieues 8c demie de la belle ville de Tching tcheou, où l’ons’embarquesor le fleuve,qui va enfin so jetterdans le grand fleuve Yang tse Kiang.Mais dans le temps des grandes eaux, on ne s’arrête nulle part en prenant laroute de Kiang si & de Hou quang. C’est fans doute un grand avantage pourtout le Royaume, d’avoir un moyen si facile pour faire communiquer ensembleles Provinces les plus éloignées, par un commerce réglé qui peut se faire aisé-ment, & sor le canal Royal,par où on và jusqu à Peking , 8c sor les autres beau-coup moindres, qui y aboutissant comme autant de chemins de traversos.(Duhalde y T. I, pag. 34), ,, v
776. En effet, dans les pays où il n y a rien à craindre pour le grand canal,on voit plusieurs petits canaux qui y viennent aboutir ; ils ont été faits par lesvilles voisines , ou par les Communautés des gros villages, qui ont voulu se pro-curer l’avantage d’avoir communication avec le reste du Royaume , & de faciliterpar-làle commerce;cela leur a sait surmonter des obstacles qui effrayeroient unEuropéen. Telle est,par exemple,la partie d’un des canaux qui va de Char hingfou à Ning po fou, les eaux d’un canal ne se trouvant pas de niveau avec i’autre,on ne laisse pas de faire passer les bateaux de l un à l’autre, comme nous ledirons bientôt. ( Duhalde , T. I, p. 34).
L’anonyme que nous avons cité (771), dit aussi qu’on peut aller d’un boutde l’Empire à l’autre, 8c faire un chemin immenso dans presque toutes les Pro-vinces fans descendre de sa barque. Il y a même pour l’ordinaire dans chaqueProvince, dit le P. le Comte, 8c après lui le P. Duhalde, un large canal quitient lieu de grand chemin , renfermé entre deux petites levées , revêtues depierres plates ou de tables de marbre grossier, posées de champ, 8c engagéesdans de gros poteaux de même matière, qui les lient ensemble par des rainures,comme nous avons coutume d’en user quand nous travaillons en bois.
Durant les guerres, on a eu si peu de soin d’entretenir les ouvrages publics,que celui-ci, l’un des plus beaux 8c des plus utiles de l’Empire, a été ruiné enplusieurs endroits : il est pourtant d’un grand uíàge pour resserrer les eaux ducanal, 8c pour servir de chemin à ceux qúi tirent les barques. Outre ces digues,on a bâti une infinité de ponts pour la communication des terres : ils sont detrois , de cinq 8c de sept arches; celle du milieu est extraordinairement haute,afin que les barques en passant ne soient pas obligées de baisser leurs mâts: lesgoûtes formées de grands quartiers de pierre ou de marbre en sont très-bien