Canaux d’Afrique
Projet de canauxen Amérique*
540 CÀNAUX DE NAVIGATION * Chap. XXI.
prend, quand on ne peut pas mettre pied à terre, c est de s’attaeher fortementà quelque cable, de peux d’être emporté de la proue à la pouppe. C’est pourfaciliter ce passage que les bateaux font faits en forme de gondoles, & ont unequille d’un bois fort dur , & capable de soutenir tout le poids de la barque. Maisíbit pour la grosseur, soit pour la structure, ces gondoles font bien différentesdes barques Impériales, qui fans doute ne pourroient faire un tel faut fans.fe briser, ou du moins fans d’autres inconvéniens considérables. (Duhalde ,T. I, p. 34). Aulsi ne voit-on pas de semblables passages dans le grand canal;la feule difficulté qu il présente, est celle de remonter ces torrens dont nousavons parlé, 8 c e est ce que les Chinois font très-bien, au haoyen des peines 8 cdes dépenses nécessaires.
On pratique dans quelques endroits de la Hollande de pareilles manœu-vres ; on appelle Overtoom un lieu voisin d’Amsteidam, où il y a une diguequi sépare les eaux de i’Amstelland de celles du Rhinland. On fait passer lesbarques d’un canal à l’autre fur des plans inclinés avec un treuil A des rou-leaux, en les attachant par la poupe : nóus en avons parlé aussi à f occasionde la Toscane 8 c de la Flandre, (607,649.)
Le P. le Comte dit aussi , que de Nankin l’on Va par divers canaux, 8 c parle moyen du fleuve Jaune jufqu’auprès des montagnes de Tartarie ; mais parceque dans cette étendue de plus de quatre cents lieues , les terres ne font paségales , ou n ont pas une pente proportionnée à l’écoulement des eaux , il âété nécessaire de pratiquer un grand nombre de chûtes, où les eaux fe préci-pitent comme des torrens , d’un canal dans un autre, avec plus ou moins derapidité, selon la différence de leurs niveaux. Pour y faire remonter les barques,on fe sert d un grand nombre Assommes, qui font entretenus pour cela auprèsde f écluse : ils passent des amarres à droite 8 c à gauche pour saisir la barque,de manière qu elle ne puisse pas échapper; ils ont plusieurs cabestans, par lemoyen defquels, ils lelevent peu-à-peu à force de bras, jusqu a ce qu elle foiedans le canal supérieur pour continuer íà route: nous en avons déjaparlé (770)*Cette manœuvre est longue, rude & très-dangereuíè ; les Chinois feroientbiensurpris, continue l’Auteur, s’iis voyoient avec quelle facilité un seul hommequi ouvre 8 c qui ferme les portes de nos écluses, fait monter ou descendre avecsûreté les bateaux , 8 c même les plus grandes barques.
Il paroît donc constant qu il y a beaucoup de canaux à la Chine, du moinsdans les pays qui font bas, tout ainsi qu’en Hollande 8 c en Italie, où l’on aprofité des eaux basses 8 c stagnantes pour ouvrir des communications au com-merce. Voye £ aussi le P. Trigault 8 c l’Histoire générale des Voyages, T. XXII,pag. 46 , Edit. in-12.
77p. Dans le Royaume de Tunkin, il y a un canal, dont il est parlé dansTurpin, Hist. de Siam.
Nous parlerons des canaux exécutés ou projettés en Afrique par les anciens,art. 798 8 c íuiv. l’état actuel de l’Afrique n offrant rien de remarquable dansce genre.
ySo, V Amérique , a donné lieu à la plus belle & à la plus importante idée
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