ASIE, AMÉRIQUE.
de canal qu on ait jamais conçue, qui est celle de couper l’Isthme de Panama,& de joindre la mer du Nord avec la mer Pacifique. L’Isthme entre Portobelofur le golfe du Mexique, à Panama Íuí la mer du Sud n a pas 2 y milles delongueur suivant la Carte de M. Danville ; la distance est beaucoup moindreentre le lac de Nicaragua •<& le golfe de Papagaio , seize degrés à l’Orient dèPanama, suivant la Carte du golfe du Mexique par M. Bellin, qui est dans lesecond volume de 1 Hydrographie Françoise , 8c suivant celle des Provinces deNicaragua & Costa-Rica, qui est dans le second volume de i’Atlas maritime qu’ila publié en 1764. La distance des deux mers n’y paroit que de sept à huit millesou de trois à quatre lieues, tandis qu’on ne peut aller par mer de Carthagène ou dePortobelo , à Âcapulco ou à Guatimala íur la côte de la jner du Sud , qu’en par-courant fur mer au moins 180 degrés , c’est-à-dire , un espace qui est égal à lamoitié du tour entier de la terre. Mais l’idée Sc l’entreprise de couper l’Isthme dePanama surpasse peut-être les forces de f Espagne, qui y seroit la plus inté-ressée. Voyei Cl. Morisot , Boter, Relationes de novo orbe. Theod. Bry, Descr.Americœ . Àcosta cité par le P. Fournier dans son Hydrographie, pag. 777.
Dans les Mémoires de f Académie de Philadelphie, on voit des projets decanaux à faire dans la Penfylvanie 8c le Maryland, pour le bien de ces Colo-nies floriíîàntes ; mais on ne sauroit en espérer le succès jusqu’à ce que lesdivisons entre la Métropole 8c les Colonies Angioises soient terminées *.
Les anciens Incas du Pérou avoient fait construire des canaux, soit de navi-gation , soit d’arrosage ; l’histoire des Incas fait mention d’un grand nombrede canaux, l'un entre autres qui avoit plus de 120 lieues de longueur, 8c12 pieds de profondeur ( T. I , pag. 1 66 Sc 167). Les canaux par lesquelsles rivières fertilisent les campagnes voisines , font aussi des ouvrages que l’ondut aux foins & ài’industrie des Incas, qui s’occupoient de tout ce qui pou-voit contribuer au bonheur de leurs peuples. Il faut voir le Voyage Histori-que de l’Amérique Méridionale, par Don George Juan 8í Don Antoine deUlloa, 1752. T. I, pag. 422.
Après avoir indiqué dans les Chapitres précédens tous les canaux exécutésotì projettés par les Modernes dans tous les pays du monde, nous emploi-rons les trois derniers Chapitres à parler des travaux ou des projets des An-ciens , qui font parvenus à notre connoissance.
* An abjìracl òf sundry Pape’ts and proposais forîmproving the indland navigation o f Pennfylvania andMaryland , by oppening a communication betwen theTideivaters ofDelaware and ChefopeakeBay , illufira-ted with a map. Ce Mémoire est dans le volume
de là nouvelle Académie des Sciences, établie enAmérique , & qui a pour titre : Transactions of the,American Philojóphical Society held at Philadelphia.for promotìng usuful knowkdg&.Vol* í . Philadelphia #I 7 7 i. pag.