5)8 . CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XXII.canal avoit été ouvert Sc conduit jusqu’à la mer Rouge ; pourquoi donc parmile grand nombre des Auteurs qui ont parlé des travaux entrepris pour le canalde Ptolémée Sc de la consommation de cet ouvrage , ne s’en trouve-t-il aucunqui marque íì Inexécution de ce projet eut le succès que l’on en attendoit, Sc siréellement il en résulta un avantage considérable pour le commerce ? voici lamaniéré dont M. le Blond explique ce silence.
807. Tous les Auteurs anciens qui ont parlé du canal des Rois Sc de celuide Trajan, ne les ayant pas vus eux-mêmes ssont point marqué comment ilsavoient été construits ; si les navires qui y naviguoient avoient pu passer dans lamer Rouge , Sc de cette mer entrer dans les canaux pour venir à Babylone Sc àPhacusà, ni si de ces deux endroits ils avoient pu pareillement passer dans le brasdroit du Nil, c’est-à-dire, dans la branche de ce fleuve qui est nommée Bubaf-tique, ou Pélusiaque par les Auteurs Latins, pour descendre dans la Méditerra-née. On peut avoir eu cet objet en vue en faisant construire ces canaux, Sc ç’eûtété en effet le moyen de faire de l’Egypte le centre d’un commerce réciproqueentre les Indes , l’Afrique Sc l’Europe , de toutes les productions de ces pays.Mais il s’en faut bien que le succès ait répondu à la haute idée qu’on avoit euede cette entreprise. Si les deux canaux ont été effectivement construits Sc ache-vés , comme il y a lieu de le croire d’après ce que les Anciens en ont dit, ilne paroît pas que la navigation y ait été jamais bien établie. Sans doute que plu-sieurs causes imprévues l’ont rendue, sinon impraticable, au moins assez diffi-cile pour avoir formé des obstacles à l’importation Sc à Importation des mar-chandises étrangères par cette voie. Puisque les Auteurs ne font aucune men-tion de la réuflite ni des avantages que i’Egypte en auroit retirés, on peut in-férer de leur silence fur une matière aussi importante , que ce canal ne fut pasentretenu avec assez de sein Sc qu’il dépérit, avant que le commerce eût prissen cours de ce côté-là.
808. La longueur de ce canal étoit de mille stades qui font 75 mille toisessuivant M. d’Anville, 114 suivant d’autres, qui emploient des stades Egyptiens;la largeur, suivant Strabon, étoit de cent coudées * qui fontiyi pieds de France.Quant à la profondeur, Strabon ne dit pas de combien elle étoit, mais seulementquelle étoit suffisante pour des navires /uuç/oçòço/. Mais cette expressionrépond à celle dont nous nous servons en disant un navire de grand port.(Test comme si l’on diseit un navire qui est dune grande capacité, Sc qui peutporter une très-grande quantité de marchandises de grand volume Sc de grandpoids. Ainsi cette indication ne présente que des idées vagues, Sc qui ont trom-pé ceux qui ont voulu s’en servir pour conjecturer la profondeur du canal;tandis que Pline la désigne expressément, en disant que Ptolémée sit faire uncanal de cent pieds de largeur Sc de quarante pieds de profondeur : Ptolemœusduxitfoffam latitudine pedum centum , altitudine XL. (Pline VI. 29.) Dans la
* Les cent coudées que M. l’Abbé Ameilhon ( Commerce des Egyptiens ) a évaluées àifo pieds suivant l’usage ordinaire de ne donner que 18 pouces à la coudée , dévoient faire170 pieds 10 pouces suivant M. d’Anville, qui a trouvé que la coudée Egyptienne étoit de20 pouces & demi, par l’analyse qu’il en 3 donnée dans un Ouvrage fur l’ancienne Jérusalem.