CANAUX ANCIENS EN AFRIQUE. yypRelation que f Amiral Portugais, Jean de Castro , a donnée de son voyage à lamer Rouge en 1540, on lit que ce canal avoit été commencé à la profondeurde 30 pieds.
II n’est pas aisé d’estimer quelle étoit la pente du canal depuis ion com*mencement jusquà son débouché à la mer. Il pastbit par des lieux hauts & basSc par des marais d’eau salée où sa profondeur devoir être inégale , mais tou-jours assez grande pour des navires qui tiroient dix à douze pieds d eau. Sapente dans tout son cours devoir être austi proportionnée à íà longueur quiétoit de mille stades ou 30 lieues. Il falloit encore que la hauteur de son em-bouchure fût proportionnée à celle des eaux de la mer dans le temps desFautes marées à i’endroit où le canal aboutistoit. Il étoit trop large pour débou-cher par toute fa largeur de 150 pieds , Sc il y a lieu de croire qu il avoit étérétréci à ion extrémité Sc dirigé de façon qu en cet endroit les eaux de lamer Rouge n’étoient jamais plus hautes que celles du canal, afin que quandles unes 8c les autres se trouvoient à peu près à la même hauteur, les navirespussent passer du canal dans la mer Sc. de la mer dans le canal.
80p. Suivant Strabon , après que Ptolémée eut fait achever le canal dont lecommencement étoit à Phacusa, les Rois ses successeurs le faisoient ouvrir Scfermer à volonté : on le débouchoit lorsqu’ils vouloient aller íùr la mer &qu’ils pouvoient le faire iàns danger. Ces opérations d’ouvrir & de fermer lecanal ne pouvoient guères se faire autrement que par des digues, qu on abat-toir Sc qu’on refermoit ensuite , lune au bord du bras du fleuve d’où seautomboit dans le canal, & i’autre à fa sortie dans la mer Rouge, pour empê-cher i’eau de la mer d’y entrer dans le temps des grandes marées , car il de-voir alors y avoir un reflux dans le canal. Strabon le fait aíîèz entendre enemployant le nom d’Euripe , puisqu’il dit qu’on boUchoit l’Euripe, au lieu dedire qu’on bouchoit le canal.
Le mot Euripe est un terme par lequel on a entendu quelquefois le fluxde deuxcourans d’eau opposés, qui venant à fondre direélement l’un contrel’autre , produisent par la violence de leur choc des remoux Sc des tourbil-lons plus ou moins grands, avec des espèces de gousses dans le centre. Aureste les interprètes ne s’accordent pas íùr l’explication de cet Euripe ou de cediaphragme de Strabon ; il y en a qui croyent que c’étoient des portes d’é-cluses , ou des permis, tels qu’on en voit beaucoup actuellement (3 66. 6 12.)P aimer lui exe rat. ad Aucl. Grœc. p. 3 y y. Cet Auteur pense même que c’estpour cela que Darius ne put terminer cette entreprise, dans un temps oùion n’avoit pas imaginé ces moyens d’arrêter les eaux. Si cet Euripe étoitune digue ou un batardeau, il devoit interrompre la navigation du canal danscertaines saisons. Elle fut encore bien plus interrompue lorsque les premiersRois d’Egypte tinrent le canal fermé, Sc il semble même que dès ce tempsil n’a plus guères íèrvi à l’usage du commerce pour lequel on l’avoit consstrust. On s’en tint apparemment à celui qui se saiíoit auparavant des marchan-diíès de l’Inde Sc de i’Arabie par le port de Bérénice Sc par le port Blanc ,d’où elles étoient portées par terre à Coptos, Sc descendoient ensuite par le