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CANAUX ANCIENS EN AFRIQUE. z6rau porc de Sués : or ce port n’est point abordable aux grands navires ,puisque seau n’y monte qu à cinq pieds dans les marées ordinaires. Enfaisant dériver le nouveau canal du fleuve du Nil au-deíïus du Deltaproche de Babylone , qui étoit à 25 lieues au-dessus du Phacuía , on luiprocuroit des avantages qui manquoient à celui des Rois;au moyen dune diguefur la rive du Nil avec des ouvertures proportionnées à la quantité d’eau néces-saire pour la navigation ,on pouvoit le rendre navigable en tout temps , fanscauser aux eaux du fleuve dans son lit ordinaire ni dans ses branches une dimi-nution nuisible aux habitans de la basse Egypte. On profita, pour le conduire àHéroopolis, dune partie du canal des Rois, en fy faisant descendre à 18 ou 19lieues en ligne directe au-dessous de Babylone , & environ à 16 d’Héroopolis -dans les marais salés par lesquels cet ancien canal passoit. On le nettoya dessables qui savoient comblé dans tout le reste de fa longueur jusques vers le dé-bouché qu il avoit eu proche d’Arfinoé, d’ou il fut conduit juíqu a Héroopolis.
Ptolémée qui le fait aboutir à cette ville d’Héroopolis , dit quelle etoit présd’Arsinoé ; Sc Strabon parlant de la même ville d’Arfinoé où aboutissoit le canaldes Rois , la met pareillement auprès d’Héroopolis. La situation de ces deuxvilles n’a été fixée de cette manière , par ces deux Auteurs, que íùr ce qui leuren avoit été rapporté par des gens bien instruits ; ils avoient appris ces circons-tances dans les voyages qu’ils avoient faits en Egypte , fans s arrêter à visiter lesdeux canaux & à en suivre le cours pour en prendre eux-mêmes les dimen-sions & marquer les lieux par où ils passoient : mais ce qu’ils ont dit de la po-sition des deux villes & des canaux qui y aboutissaient, a fait trouver à des Au-teurs modernes des difficultés pour les concilier fur ce point. En effet , enmettant comme ils le font, i’extrémité du canal des Rois à Arfinoé, & celle ducariai de Trajan à Héroopolis qui étoit située au-dessus d Arfinoé , il falloir quele canal de Trajan traversa celui des Rois pour aller à Héroopolis , ce qui n e-toit pas praticable. Pour lever la difficulté, quelques-uns ont juge que quandTrajan fit construire son canal,celui des Rois pouvoit bien avoir été dégradé Scrempli de sables, & qu en ce cas rien n’auroit empêché de^le faire traverserpar le nouveau canal. Il paroît à M. le Blond que cette explication peut êtreadmise. D’autres ont supposé que du temps de Trajan,des deux villes d’Héroo-olis & d’Arfinoé il s’en étoit formé une feule à laquelle les uns donnoient lenom d’Arfinoé,& les autres celui d’Héroopolis, & que cette ville est aujourd huiSués Mais, suivant M. d'Anville, Ptoléméevest trompé en faisant aboutir le canalde Trajan a cette Héroopolis quil place au fond du golfe Arabique. M. d Anvillea placé çette ville d’Héroopolis plus au Nord d’après les conjectures tirées deJosephe,'& de l’Itinéraire d’Antonin, dans un lieu appelle Pithom duquel il estfait mention dans l’Ecriture , près des lacs amers, 3 6 milles au Nord de la merRouge & d’Arfinoé ou Cléopatris,à 40 milles de Babylone en droite ligne , & a2< milles au midi de Phacusa.En faisant ainsi descendre le canal de Trajan,il lefait entrer dans le canal des Rois , de forte que des cet endroit-la les deuxcanaux n en forment plus qu’un qui va ensuite tomber dans la mer Rouge- M.Oberlin propose ses objections contre les motifs de ce déplacement, après quoi
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