f
ANCIENS CANAUX DANS LA GRECE. mElle est séparée, par un fossé de trente ou quarante pieds, de deux autrespetites istes qui font comme les fauxbourgs de la forteresse, 8c qui font habitéespar des Turcs 8c par des Grecs.
Si ce canal fut jamais navigable pour de grands vaisseaux , ce ne fut que peude temps après qu il eut été creusé ; car il paroît par le témoignage de Plinequ’il étoit exposé à être rempli des labiés que le vent y apportoit ; 8c Whelernous apprend que de fòn temps il n y avoit pas plus de trois ou quatre piedsd’eau.
CHAPITRE XXIV.
Des Canaux anciens dans VItalie SC dans les Gaules,
827 . Q uoique i’Italie fut coupée en tout sens par un grand nombre de fleuves8c de rivières, ce pays nous fournit néanmoins beaucoup de canaux artificiels ;ceux que l'on crèuíà, par exemple, aux environs du Pô , avoient la plupartle même objet que ceux qui étoient tirés dans la partie de Delta en Egypte.
Le Pô prend íà source au mont Vésifle, une des plus hautes montagnes desAlpes. Suivant la description de Pline, íès eaux s’augmentent considérablementvers la canicule par la fonte des neiges ; 8c après avoir reçu dans l’eípace de soncours environ trente rivières , il fe rend dans la mer Adriatique. Il est pro-fond 8c rapide à cause de la force de fes eaux > quoiqu on l’eût afloibli par plu-sieurs dérivations entre Ra venue & Âltuium ; 8c comme à l’endroit de son em-bouchure , il le répandoit fort au large par lèpt bouches différentes , on appel-loir cette partie les sept mers.
Il paroît qu originairement le Pô ne fe rendoit dans la mer que par deuxbranches , qui,au rapport de Polybe,étoient celles que l’on appelioit Padua 8cOlana. Le fleuve couloit dans un seul lit jufqu’aux pays des peuples nommésTrigaboli. Il fe féparoit là en deux branches. Les vaisseaux remontoient le fleuvepar la branche nommée Olana jusqu à deux cents cinquante milles. Polybe, L. ^ p ,
II. Parmi les autres branches plusieurs ont pu fe former naturellement 8c quel-ques-unes ont été formées de mains d’hommes : Pline nous en donne le nombre(L. III. C. 16 .) Après le canal qui conduifoit à Ravenne il place i’embouchurenommée Fatrenus qui, dit-il, avoit la capacité d’un port, 8c par laquelle f Em-pereur Claude entra dans la Ville d’Adria après son expédition dans la grandeBretagne. Proximum inde ofìium magnitudinem portus habet , qui Vatrenus dici-tur , quo Claudius Cœsar è Britannia triumphans , pmgrandi illd domo-venusquam nave intravit Adriam. II nomme la bouche foivante Caprafia , ensuite cellede S agis , puis celle de Volane qui s’appelloit Olane auparavant. Ce font lesEtrusques, ajoute-t-il, qui ont creusé ces canaux depuis la branche que l'onnomme S agis (inclusivement) & qui pour diminuer la rapidité du fleuve enont fait des dérivations au milieu des marais voisins. Ainsi le témoignage de Plinejustifie le paíîage de Polybe ; car si l'on excepte les canaux creusés íelon le pre-mier par les Etrufques,il ne restera plus de branches naturelles du Pô que celles