XX
DISCOURS
hommes parleroient un langage quelconque, tandis que les Sourdsn’ont aucun langage Lc que les enfans qu’on a trouvé dans les fo-rets , où ils n’avoient eu que des animaux pour compagnie, n'a-voient aucun langage -,d'où il résulte nécessairement que l’hommene parle que par un effet de l’instruction.
Je crois que c’est l’objection la plus forte qu'on puisse fairecontre ce que nous avons dit fur l’Origine du Langage.Cependantelle ne sautoir le détruire, puifqu’elle n’est pas en contradictionavec ce que nous avons avancé. Lors même que nous accorde-rions que le premier homme qui ait parlé, ne parla que par uneffet de l’instruction, instruction qui ne put donc être que divine,puisque si c’ctoit d’un homme qu’elle fût provenue , cet hommesuroît parlé íâns 1c secours dc l’instiuction, on ne pourroit rienconclure contre nous de cec aveu.
L’instruction suppose dans celui à qui on la donne tous lesmoyens propres à en profiter : l’homme avoit donc en lui les or-ganes de la parole, le besoin de la parole ; il ne lui en manquoitque l’uíàge; mais cet usage, ne pouvoit-ii pas le trouver par uneffet du besoin , tout comme par cet effet il trouve le moyen dedévelopper fes autres organes! Certainement, l’un n’est pas plusdifficile que l'autre.
Mais, dit - on, l’enfant élevé seul dans les bois auroit un lan-gage à luijles Sourds & Muets en auroient également un qui leurferoit propre mais ces derniers n’en peuvent avoir, puisque leursorganes ne font pas dans l'état naturel : il en est ici comme del'homme impotent, qui ne peut marcher quoique le marcher foienaturel à l'homme.
L’enfant qui a passé fa vie seul dans les bols, ne peut parlernon plus, puifqu’il n’a jamais pu s’appercevoir qu’il avoit en luila faculté d’exprimer fes idées j n’ayant jamais vu d’êtres qui lui