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SUR LES MONUMEN S. J
ensuite Sémiramis, à laquelle on attribue toutes les merveillesque l’Antiquité raconte de Babylone; mais il y a lieu decroire que ces Auteurs se trompent. Selon le Syncelle,Nembrod & ses succefleurs de son sang, ont dû régner àBabylone deux cents soixante-treize ans. Une famille Arabes’emparâ ensuite du Trône A I occupa deux cents quinzeans. Le dernier Roi de cette race, nommé Nabonaddus,ayant été vaincu par Ninus, ce Conquérant réunit le trônede Babylone à celui d’Aíîyrie, & c’est vraiment à cetteépoque que Babylone commence à se montrer avec touteía splendeur qu’Hérodote, Ctésias, Bérose ont tant exaltée,& non à des temps jfì prés du déluge, où les productionsdes Arts se sentoient des ruines de I’ancien monde, donttout attestoit encore le désordre & les malheurs.
Ninus meurt après un règne de vingt-cinq ans de victoires& de conquêtes, laissant son fils Ninias en trop bas âgepour régir ses Etats; mais fempire d’Aíîyrie paíïà dans lesmains de Sémiramis íà veuve & n’y perdit rien; elle ajoutamême à son lustre, & l’éclat de son règne égala, s’il nefùrpastà, celui des Monarques les plus fameux. C’est aurègne de cette célèbre Princesse qu’il faut rapporter cesfabriques immenses dont l'Antiquité a tant parlé, ces mursde briques fi hauts, fi épais que deux chars attelés chacunde quatre chevaux de front, pouvoient y rouler fans íenuire, fi solides enfin par l’enduit de bitume qui en unissoitles matériaux, qu’ils étoient, pour ainfi parler, imperméablesà toute espèce de fluide, & par conséquent indestructiblespar les seuls efforts du temps. C est cette même Sémiramisqui fit élever ces palais magnifiques, ces jardins en terrasses,ce temple consacré à Bélus ou Baaï, qu’un peuple idolâtrede la mémoire de ion fondateur avoit divinisé *.
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I. erS ÂGES
du monde.
ASSYRIE.
* Val. Max.L IX, c. s .