3- rae ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
moderne.
168 Discours
tige cíu moncìe; à peine astis fur son trône, ïa sagesse &la justice viennent s’y placer à ses côtés, ct la bienfaisanceattend à ses pieds ïes ordres quiï va lui donner. Ses premièresparoles font des oracles, ses premières actions des bienfaits.Pénétrons fans crainte jusqu a lui; nous ïe verrons entourédes productions de ces génies immortels, qui embrasés delamour de leurs semblables, leur ont donné des ïoix, &leur donnent encore, par l’histoire, i’expérience de tous lessiècles. C’est-Ià que passent fous ses yeux les Princes célèbres,les Héros, & fur-tout ïes Rois ses aïeux, & ces grandshommes vont être ses modèles.
Le grand courage de Cíovis, ïe génie vaste ct puissantde Charlemagne, ïe zèle ardent, ïa foi vive & pure deSaint Louis, ïa íageste & ïa politique de Charles V, ïa ten-dresse de LouisXII pour ses peuples, lamour de François I. er
pour ïes Sciences & Ies Lettres, ïa bonté, ïa loyauté defimmortel Fleuri, ïa magnificence & ïa grandeur dame deLouis XIV, Ia douceur & ïa modération du Roi son aïeul,ïes vertus sublimes & modestes de son auguste père, voilàïes modèles qu’iï étudie fans cesse, & dont il se pénètre.
Queìïe carrière s’ouvre devant îui ! II brûle d y courir,ct de laisser loin de lui, Ie vulgaire des Rois, dont il nereste que ïes noms pour groffir ïa liste de ces Princes, quin’ont été que des êtres inutiles fur Ia terre, qu’iís ont au moinssurchargée du poids de leur oisiveté, quand iís ne font pasdésolée par leurs caprices destructeurs.
Louis connoit I intervalle immense qu’iï y a de ïa théorieà ïa pratique, ct il ne veut pas Ie franchir fans s etre assurédes moyens de ïe faire sûrement. II sait que ïes spéculationsIes plus belles en apparence, n’ont souvent d’appîicationqu’au cabinet; que pour juger sainement des hommes &
des