3- me ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
moderne.
170 Discours
II a vu dans ses ports de Flandre & de Normandie,les détails de ïa construction, autant que la nature des lieuxpeut le permettre, mais c’est dans le port le plus vaste &le plus sûr de FUnivers, qu’il va se mettre au sait des détailsde la grande construction, de Iarmement de ses flottes ctde la théorie de la manœuvre.
Arrivé à Brefl, le Monarque avide de toutes lesconnoiflànces qui peuvent conduire à saisir Fensemble dela grande machine du gouvernement, visite les chantiers,les arsenaux, les corderies, le port, entre dans tous les détailsde Farmement de ces citadelles flottantes, qui portent tour-à-tour ïa joie ou la terreur dans toutes les parties de la terreconnue. Il ne peut se raflsaster du spectacle imposant duneinfinité de vaiíïèaux de différentes grandeurs, qui remplissentce vaste & íuperbe port ; mais on lui en prépare un plus
imposant encore : placés fur íes remparts de la forteresse quicommande la rade, d où le Monarque & les Princes peuventembrasser d’un coup-d’œil toute Fétendue de ce vaste bassin,ils voyent une flotte formidable fur ses ancres & prête àmettre à la voile.
Un vent frais a balayé les nuages, le ciel est pur &serein; Ia surface des mers, ridée seulement par un souffleléger, semble n avoir que le degré de mouvement nécestairepour mettre en action ces citadelles mobiles. Les chaloupesfont rangées, dans le meilleur ordre, à Feutrée du port ;les Troupes s avancent ct s’embarquent fans confusion; íesrames fendent Fonde, ct chaque troupe arrive au vaisseauqui lui a été marqué.
Les ancres font levées; au signal du Commandant unmonde de Matelots vole aux haubans, on appareille, Iesvoiles se déployent, le vent fraîchit & les enfle, ïa flotte