SUR LES M O N U M E N S. IJls'ébranle, prend le large â se partage pour donner à sonRoi íe spectacle de ces combats íàngïans, qui de la surfacedes eaux jusqu’au plus profond des abîmes de ì’Empire deNeptune effrayent ses habitans.
Louis contemple avec ravissement ces masses énormesqu un signal semble avoir animées, tant leurs mouvemensfont réguliers & précis; il admire Tordre & la netteté dessignaux, qui déterminent les différentes directions qu’iísprennent, tandis que les accens aigus d un sifflet, dans lesmains d un Maître d’équipage, annoncent & expliquent auxMatelots tout ce qu’iís ont à faire : mais ce ravissementredouble, lorsque le Monarque considère qu’un même airde vent fait mouvoir ïes vaisseaux des deux parts dans desdirections diamétralement opposées.
II cberche à deviner de lui - même cette ingénieusecorrespondance dune infinité de manœuvres, qui au premiercoup-d’œil ne présente qu une multitude confuse de cordages,par le moyen de laquelle on fait prendre aux vaisseaux toutesïes directions possibles.
II les voit tour-à-tour saisir ou céder savantage du vent,s approcher, se prolonger, se mêler, seviter, se présentertantôt un bord, tantôt I autre; & c’est avec autant d’admirationque de surprise, qu’il découvre par les effets divers desmanœuvres, ce que peut findustrie des hommes, aidée dutravail & de la réflexion, Sc quels efforts elle a dû faire pourtrouver les moyens de s’aíïèrvir en quelque forte ïes deuxplus fiers des éïémens & pour Ies subjuguer sun par l autre,en divisant Sc en opposant leurs forces réciproques.
Cependant ces foudres d’airain, dont chacun des vaiíìeauxest hérissé, ne ceflent de gronder dans les airs qui en fontémus Sc embrasés; les vaisseaux semblent même disparaître par
3- me ÂGE
DU MONDÉ.
FRANCE
moderne.