3 AGE
BU MONDE.
FRANCE
moderne.
172 Discours
intervalles au milieu des tourbillons de flamme 6c de fuméequ’iís vomiíïent; mais le vent qui fraîchit de plus en plus les abientôt diffipés, & semble vouloir chasser cette maífe orageusepour aller porter loin de nos côtes la foudre & les tempêtes.
Le parti vainqueur divise 6c fait céder le vaincu, fe metà fa poursuite ; 6c revirant de bord, il fe rapproche de facôte pour donner à son Souverain le spectacle dune def-cente, après lui avoir donné ceux d’un embarquement &d’un combat naval. Les chaloupes font íur les palans,6c bientôt à la mer ; les troupes y descendent, d’autrestroupes les attendent derrière des retranchemens, pour lesfoudroyer à l’attérage par le feu de i’artillerie 6c de lamoufqueterie, mais celui de la flotte, bien supérieur,protège le débarquement.
L’ardeur qui anime les aíîìégeans leur permet à peined attendre qu’iís atteignent la terre; ils s’y précipitent, ferangent à mesure qu’íls font descendus, & après s'être formésdans le meilleur ordre, ils marchent aux retranchemens fousïa protection du feu de la flotte, les attaquent, s’en rendentmaîtres, 6c poursuivant leur avantage, ils fe disposent àì’attaque d’un fort; mais au milieu de ce spectacle intéreflànt,on aperçoit à ì’horizon une maífe de nuages qui menaced’un orage prochain, le Commandant de la flotte fait lesignal de ralliement, les vaisseaux dispersés fe raílèmbïent,rentrent dans le port & les troupes dans la ville.
Cependant lair fe charge de sombres vapeurs, les ventscommencent à íouffîer des divers points de l’horizon, ilsforciííent, frémissent & fe choquent; leur violence a soulevéles mers, les vagues écumantes semblent d’énormes mon-tagnes qui fe heurtent, fe surmontent & s’écrafent tour-à-tour;la foudre gronde, de briííans éclairs sillonnent à longs traits
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