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dé même sur l’écorce d’arbre ou sur le veíin, car les Anciens ne connoissoientpoint encore le papier.
George Vasarì, qui le premier a décrit l’histoire des Peintres d’Italie,s’enorgueiilit de ce que ies restes de la génération des Peintres Grecs s’étoientréfugiés dans la Toscane íà patrie; il n’hésite point de donner pour certain, quece fut à Florence que la Gravure en taille - douce sut inventée ; il le stt croireíong-temps, & quelques-uns le pensent encore d’après lui. Il eut la hardiestêd’écrire que ce fut un Orfèvre appelé Maso Finìguerra, qui. le premier trouvace secret ; & pour colorer mieux son opinion, il cite trois petites planches quegrava cet Orfèvre, & qui servirent alternativement à chaque chant des Poésiesdu Dante, imprimées à Florence en 1482. Mais les Allemands détruisent cetteopinion par des preuves íàns répliqué ; & disent que ce fut un de leursconcitoyens nommé Israël Van - Meckinen , aussi Orfèvre, qui trouva & duttrouver, i’invention de graver en taille - douce ; ils le prouvent en renvoyantaux pièces de comparaison pour y observer le procédé de f Orfèvre Italien, aveccelui de l Orfèvre Allemand; qu’a lors le connoiíîèur éclairé íëra bientôt en étatde décider aisément la question : que si ce connoiíîèur vouloit achever de seconvaincre, f Histoire lui apprendra oys Israël Van-Mecìánen étoit né à Bockoídt,petite ville près de Mayence ; qu’il étoit contemporain & presque le concitoyende f Inventeur de la Typographie; qu alors tout concourra à íe diíïuader entière-ment de i’orgueilleuíè prévention de l’historien & peintre Vasarì. On íàit qu’ils' 'éleva, presque un siècle avant, une mortelle jalousie pour la découverte deia peinture à í'huiíe » que certains attribuent aux deux frères Hubert & JeanVaihEyc, le second surnommé Jean de Bruges, parce qu’il mourut dans cetteville; mais que d’autres attestent appartenir à Antonello de Messine, qui enseignason íècret à Dominique de Venise son ami, lequel l’apprit auflìtôt à André Gli-Implicati , dit Caflanago , de Florence ; ce dernier voulant poíféder íèuí cettedécouverte , assomma son généreux bienfaiteur; mais les remords lui firentavouer íomcrime avant que de mourir.
La Gravure, comme la Peinture, ne faiíoient de progrès qu’à pas lents ;semblables à l’enfance qui trébuche dans ses premiers estais en quittant ïes brasde íà nourrice , elles ne pouvoient non plus íè dégager du gothique limondes siècles d’ignorance qui s’étoient écoulés depuis le temps du Bas-empirejusqu’à ce siècle, où les Arts & les Sciences festoient comme engourdis &obscurcis; car on ne s’occupoit chez les principales Puiflànces de 1 Europe,qu’à porter le flambeau de ia guerre. Ce barbare fléau, qui détruit les hommesSc fait fuir les Muíès, mettoit des barrières à toutes les iíïùes qui conduiíènties Arts à la perfection, & fur-tout à Ia Gravure , qui, comme l’on fait, exigeune application sérieuse du destin, un choix de nature, une vérité frappante,de í’expreísion; en un mot, de la beauté, fille du goût & de imagination,ce que n’exige que soiblement la Typographie.
Comme la plante que la Nature cache dans son sein, & que Ies rayons dusoleil font éclore, de même & tout-à-coup, François I. er , íàns cestèr d’être íe
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