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Discours sur les monumens publics de tous les âges et de tous les peuples connus : suivi d'une description de monument projeté à la gloire de Louis XVI & de la France : terminé par quelques observations sur les principaux monumens modernes de la ville de Paris, & plusieurs projets de décoration & d'utilité publique pour cette capitale / par M. l'abbé de Lubersac
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S U B LES. M 0. NU MENS. xxxvij

même sur lécorce darbre ou sur le veíin, car les Anciens ne connoissoientpoint encore le papier.

George Vasarì, qui le premier a décrit lhistoire des Peintres dItalie,senorgueiilit de ce que ies restes de la génération des Peintres Grecs sétoientréfugiés dans la Toscane íà patrie; il nhésite point de donner pour certain, quece fut à Florence que la Gravure en taille - douce sut inventée ; il le stt croireíong-temps, & quelques-uns le pensent encore daprès lui. Il eut la hardiestêdécrire que ce fut un Orfèvre appelé Maso Finìguerra, qui. le premier trouvace secret ; & pour colorer mieux son opinion, il cite trois petites planches quegrava cet Orfèvre, & qui servirent alternativement à chaque chant des Poésiesdu Dante, imprimées à Florence en 1482. Mais les Allemands détruisent cetteopinion par des preuves íàns répliqué ; & disent que ce fut un de leursconcitoyens nommé Israël Van - Meckinen , aussi Orfèvre, qui trouva & duttrouver, iinvention de graver en taille - douce ; ils le prouvent en renvoyantaux pièces de comparaison pour y observer le procédé de f Orfèvre Italien, aveccelui de l Orfèvre Allemand; qua lors le connoiíîèur éclairé íëra bientôt en étatde décider aisément la question : que si ce connoiíîèur vouloit achever de seconvaincre, f Histoire lui apprendra oys Israël Van-Mecìánen étoit à Bockoídt,petite ville près de Mayence ; quil étoit contemporain & presque le concitoyende f Inventeur de la Typographie; qu alors tout concourra à íe diíïuader entière-ment de iorgueilleuíè prévention de lhistorien & peintre Vasarì. On íàit quils' 'éleva, presque un siècle avant, une mortelle jalousie pour la découverte deia peinture à í'huiíe » que certains attribuent aux deux frères Hubert & JeanVaihEyc, le second surnommé Jean de Bruges, parce quil mourut dans cetteville; mais que dautres attestent appartenir à Antonello de Messine, qui enseignason íècret à Dominique de Venise son ami, lequel lapprit auflìtôt à André Gli-Implicati , dit Caflanago , de Florence ; ce dernier voulant poíféder íèuí cettedécouverte , assomma son généreux bienfaiteur; mais les remords lui firentavouer íomcrime avant que de mourir.

La Gravure, comme la Peinture, ne faiíoient de progrès quà pas lents ;semblables à lenfance qui trébuche dans ses premiers estais en quittant ïes brasde íà nourrice , elles ne pouvoient non plus íè dégager du gothique limondes siècles dignorance qui sétoient écoulés depuis le temps du Bas-empirejusquà ce siècle, les Arts & les Sciences festoient comme engourdis &obscurcis; car on ne soccupoit chez les principales Puiflànces de 1 Europe,quà porter le flambeau de ia guerre. Ce barbare fléau, qui détruit les hommesSc fait fuir les Muíès, mettoit des barrières à toutes les iíïùes qui conduiíènties Arts à la perfection, & fur-tout à Ia Gravure , qui, comme lon fait, exigeune application sérieuse du destin, un choix de nature, une vérité frappante,de íexpreísion; en un mot, de la beauté, fille du goût & de imagination,ce que nexige que soiblement la Typographie.

Comme la plante que la Nature cache dans son sein, & que Ies rayons dusoleil font éclore, de même & tout-à-coup, François I. er , íàns cestèr dêtre íe

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