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Dieu Mars de ía France, à sombre de ses lauriers*, caresse les Muses & íesfixa dans . son royaume. Déjà il avoit attiré à íà Cour Léonard de Vinci ; ii eûtdésiré pouvoir en faire autant du divin Raphaël, à qui ce Roi fit faire le sublimetableau du 8? Michel, guerrier céleste, terrassent le prince des ténèbres, & lefameux morceau représentant la seinte Famille : s’il ne put avoir à se Cour cenouvel Homère de la peinture, il eut au moins son élève favori, André delSarto, & successivement, il Rojso, le Primatice & Nicolo del Ahlate, qui tousembellirent le fëjour du Roi à Fontainebleau.
Alors les estampes, qui avant François I. cr n etoient que de petits ouvragesde patience & de propreté, devinrent les premières pensées de ces grands.Artistes : des mains de ces hommes rares, elles prirent de l'élévation dans legénie, de 1 a pureté dans le dessin, & de i’expression: Peintre & Graveur nefurent qu un ; de ce crescendo naquit ce que l’on entend fous le nom de belensemble. Mais pour que le temps de graver n’empiétât pas trop fur celui depeindre, ils imaginèrent un procédé expéditif, ce fut celui de graver à l’eau-forte, même en clair-obseur, c’est-à-dire, ser deux planches en bois, dontl’une donne le trait & la lumière; l’autte i’ombre & les nuances: on a depuisaugmenté ce procédé jusqu’à cinq planches , ce qui produit du merveilleuxchez les uns, & peut-être de l’indulgence chez les autres. De-là, la Gravurereleva à son plus haut degré de perfection ; il se forma des Graveurs entailíe-douce , dite au burin, qui quittèrent le pinceau ou concilièrent l’un &l’autre ; tels furent íes Marc- Antoine, íes Albert-Durer & les Lucas de Leyde.Les estampes se rangèrent tout naturellement fous trois genres, le premier futde i’inimitable & gracieux burin de ces étonnans Graveurs ; le second, lagravure à l’eau-forte, & celle en clair-obscur, que les Peintres estimoient commedes idées à remettre au net fur la toile ; le troisiçme & dernier, la gravureservant d’inteíligence & d’ornement à la Typographie.
II étoit réservé au beau siècle de Louis XIV, de songer à recueillir lesproductions d’une découverte si utile aux Sciences, si glorieuse pour les Arts,.Le si íntéreísente pour répandre de la clarté' se r l’antiquité, comme fur uneinfinité de points d’histoire, en un mot, une découverte qu’on devroit nommerle Type universel. M. de Alarolles, Abné de Villeloin , d’une famille noble deTouraine » qui joignoit à un goût décidé pour Ies Lettres , qu’ií a beaucoupcultivées, celui des beaux Arts & particulièrement de la Gravure, avoit recueilli,à grands frais, ce que cet Art avoit créé depuis son berceau, en 1470, jusqu’àion siècle, en 16do. De toutes ces productions il avoit formé deux centssoixante-quatre volumes, presque tous de la forme du grand Atlas, rangés senstrois divisions: la première, contient l’origine de la Gravure, qu’il nomme vieuxMaîtres, & petits Maîtres, à cause de la petitesse de la planche de cuivre furlaquelle ils gravoient; la seconde renferme Ies grands Maîtres, c’est-à-dire,Ies Œuvres de ceux qui sent les Chefs de chaque École dans leur patrie, &de seite leurs successeurs, qui seuvent Ies ont égalés, si par fois ils ne les ontpas surpassés, ce qui feroit dans Tordre des choses, en suivant les progrès de