SUR LES MONUMEN S. xîj
gravées aux dépens du Roi, fussent réunies au chef-iieu, cest-à-dire, aveccelles de ce recueil, comme viennent de ì’être les trois cents soixante-quatorzeplanches de Botanique, dont il est parlé ci-dessus.
En 1731, Louis XV unit à son Cabinet la collection provenant de feuM. le Marquis de Beringhen, Premier Ecuyer: elle contient quatre centssoixante-sixvolumes, la plupart Cartâ maxima, reliés en marroquin & aux armes du Roi,comme st ce Seigneur avoit prévu qu’un jour fa collection feroit fuite à cellequi avoit été acquise autrefois de M. l’Abbé de Marolles; en effet, celle deM. de Beringhen reprend, pour ainsi dire, à Tannée 1660, époque à laquelleVAbbé de Marolles en étoit resté; elle renferme principalement des Maîtres deTÉcoIe de France, jufqu’à Tannée 1730.
Le Cabinet des Estampes de Sa Majesté accumule de jour en jour de nouvellesrichesses, ainsi que les autres branches de la Bibliothèque; cinquante porte-feuillescontiennent des Cartes célestes, terrestres & hydrographiques, sous le nomd’Atlas composé: les mêmes objets traités par divers Ingénieurs-Géographes,y sont rapprochés & mis en parallèle, ce qui restitue à Tun un local ou unnom de lieu, échappé à Tautre; cet arrangement donne auffì la conviction,quand ces divers Auteurs n’ont été que Plagiaires ou Copistes.
Feu M. Lallemant de Bet-g, Fermier général, s étoit rendu propriétaire dequatre-vingts volumes d’Estampes qui avoient appartenu au Maréchal d’Uxelles,& qui font divisés sous deux points de vue; le premier est une fuite de portraitsd’hommes de toutes conditions, rangés chronologiquement, ou à íepoque deleur mort, depuis les Philosophes Grecs & Romains, juíqu’au milieu du règnede Louis XIV ; la seconde partie contient des pièces géographiques, typogra-phiques, & le costume de chaque royaume, dans les quatre parties du monde:on a ajouté à ces deux parties les éloges d’André Thevet, & la description duMonde de Pierre Davity: cette collection a été cédée par échange en 1736.
En 1770, M. Fevret de Fontette, Conseiller du Parlement de Bourgogne,traita pour déposer au Cabinet son Recueil íur TFlistoire de France, par estampes,contenu en soixante porte-feuilles, Cartâ maxima, rangées par époque, com-mençant par le Peuple Gaulois, sous Jules César, & finissant avec le règnede Louis X V ; toutes ces Estampes bien ou mal exécutées, ont servi pourconcourir à Timmensité des faits de cette Histoire; elles ne déparent pointce bel ensemble, & si quelque chose doit suppléer au manque de perfectiondans le détail, ce qui n’eût pas été possible autrement, en s’assujettiflànt àne vouloir choisir que des Estampes supérieurement gravées, c’est que cettedéfectuosité inévitable, a été remplacée par des annotations de la main duRédacteur ; ce travail historique n’a pas peu contribué à mériter à ce lavantMagistrat Thonneur qu’il s est acquis jusqu a la dernière année de íà vie,en 1772 . qu’il s’en occupoit encore.
Cette même année, Sa Majesté fit aussi acquisition du Cabinet d’Estampesde M. Bégon, Intendant de la Marine du Roi à Dunkerque: cette collectionavoit été formée par son aïeul, mort en 1710, connu par ses services dans
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