xlij Observations
les Intendances de la Rochelle & de Rochefort, & par íes bienfaits qu’ilaimoit à répandre fur íes Lettres & fur íes Arts: le Livre des Hommesiiíuítres, par Charles Perrault, attendoit pour paroître un généreux Mécène,M. Bégon l’aïeul se fit un plaisir de donner des fonds considérables pour lagravure des portraits qui font íe premier objet de ce magnifique ouvrage.Le lavant P. Plumier, Minime, venoit de travailler à un ouvrage utile,intitulé f Art de tourner ; cet excellent Traité n’auroit pu voir le jour fuis lesplanches qui y étoient absolument nécessaires, M. Bégon fe chargea de ladépense; & comme il n’exigeoit que des talens, de la part des studieux qu’ilobíigeoit, le P. Plumier trouva dans cet illustre Magistrat tous Ies secours dont ilavoit besoin, même pour ses travaux de Botanique en Amérique. Les hommesqui ont si bien mérité des Sciences & des Arts, ne sont jamais oubliés; aussiSa Majesté Louis XV s’exprime ainsi dans le brevet qu’EIIe fit expédier àM. Bégon à l’occasion de ce Cabinet: J’accepte le Cabinet d!Estampes du sieur Bégonmon Intendant de la Marine, moins comme un supplément à celui que f ai déjà, quepar considération pour ïhonneur & les bons services qui mont été rendus par lui &par ses ancêtres. Ne pouvant entrer ici dans un long détail fur ce Cabinet, nousobserverons seulement que dans le nombre considérable de volumes qu’il contient,il en est un entr’autres du plus rare mérite ; ce sont des oiseaux peints à gouached’une exécution admirable par le dessin, la couleur & la touche spirituelle :on ignore le nom de l’Auteur, mais on feroit tenté de le croire de la main deïa Virtuose Marie Sy bille Merian, fille célèbre par l’univeríaiité de ses talens, &par son héroïsme dans le voyage quelle entreprit pour Surinam, & qui nous aproduit un excellent livre quelle a dessiné, gravé, colorié & écrit elle-même enlatin; chaque dénomination des oiseaux de ce volume est écrite par la plusbelle main hoílandoise qui fût alors, il provient de l’inventaire du sieur Aubriet,peintre du Jardin du Roi. M. Bégon regrette de n’avoir point acquis la totalitédes pièces de la même main qui existoient alors , asm que son hommage auRoi fût plus complet, par déférence il partagea l’article de cette vente entre lui& M. de Malesherbes, Premier Président de la Cour des Aides.
Parmi un nombre considérable de morceaux détachés que M. le Comte deCaylus prenoit plaisir de déposer au Cabinet des Estampes, il fit présent d’unvolume fans prix, intitulé: Peintures antiques, que le célèbre Pietre Santé Bartoliavoit imitées à la gouache, pour la Reine Christine de Suède, pendant le séjourquelle setoit choisi à Rome: ces peintures sont si précieuses, que M. le Comtede Caylus, après Ies avoir fait graver, voulut ne faire tirer de ces planches quetrente exemplaires, ainsi que du savant Discours imprimé qu’il y joignit, car il fitrompre les cuivres sous ses yeux, après avoir placé ce petit nombre d’exempiairesdans les plus fameuses Bibliothèques de l’Europe. Chacun de ces exemplairesest si supérieurement enluminé, qu ils le disputent de beauté aux dessins originaux.A la prière de M. le Comte de Lignerac , aujourd’hui Duc de Caylus, le Roi abien voulu lui laisser la jouissance, sa vie durant, de ce précieux volume queM. le Comte de Caylus son oncle, donna au Cabinet des Estampes du Roi en