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Discours sur les monumens publics de tous les âges et de tous les peuples connus : suivi d'une description de monument projeté à la gloire de Louis XVI & de la France : terminé par quelques observations sur les principaux monumens modernes de la ville de Paris, & plusieurs projets de décoration & d'utilité publique pour cette capitale / par M. l'abbé de Lubersac
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XLIV
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xliv Observations

La Moderne est distribuée en trois claíîes, f une contient les Médailles frappéesdans ies différens États de iEurope, iautre les Monnoies qui ont cours danspresque tous les pays du monde, & la troisième les Jetons. Chacune de cesfuites, soit dans le Moderne, soit dans f Antique, est, par le nombre, laconservation & la rareté des pièces quelle contient, digne de la magnificencedu Roi & de la curiosité des Amateurs.

Au-dessus du Cabinet des Médailles, on trouve celui des Antiques, cest-quon voit le Tombeau de Childeric I, roi de France, découvert à Tournailan 1653, & deux grands Boucliers dargent, destinés à être suspendus dansdes Temples. Le premier, du poids de quarante-deux marcs, fut trouvéen 16z 6 dans le Rhône, & représente faction mémorable de la continencedu jeune Scipion. Le second, qui pèse un marc de plus, fut découvert en1714, fous terre dans le Dauphine, & lon croit, avec beaucoup de probabilité,quil appartenoit à Annibal. Le Cabinet des Antiques renferme encore untrès-grand nombre de Figures, de Bustes, de Vases, dInstrumens des sacrifices,de Marbres chargés d'inseriptions, & enfin de tous les monumens de cetteeípèce, quon a pu rassembler avec choix & avec goût.

LE COLLÈGE ROYAL .

Tous les siècles de lÉgliíe furent infectés de diverses hérésies, mais leursAuteurs neurent jamais ste système plus iié que depuis ie Xll. e siècle, qui vitnaître les erreurs de Waldo. Le prétexte des Hérésiarques fut dans tous lestemps de réformer lÉglife & de ramener le dogme à íà pureté originelle ;celui dont nous parlons & ses successeurs, font toujours mis en avant pourautoriser leurs erreurs.

Les Pères & les Docteurs assemblés en concile à Vienne en 13 op, sentirentque le reproche dignorance des Langues originales de lÉcriture, que lessectaires faifoient au Clergé catholique, nétoit malheureusement que tropfondé; pour faire cesser ce scandale, il fut statué dans ce Concile, que dansles quatre plus fameuses Universités de lEurope, celles de Paris, dOxford,de Salamanque & de Bologne, il seroit fondé aux dépens des rois de France,dAngleterre, dEípagne, & du Souverain Pontife lui-même, des chaires pourfétu de des langues Hébraïque, Grecque & Arabe.

On ne fait si les autres Puissmces nommées au concile de Vienne, seconformèrent à cette partie de ces décrets, mais en France il neut pointdexécution que deux cents trente ans après, & ce fut pour combattre *avecavantage les hérésies qui pulluloient en Europe fous le règne de François I. erque ce Prince, à la sollicitation de Guillaume Bude'e, Maître des Requêtes, &de Jean du Bellay, évêque de Paris, fonda en 1539 deux chaires dHébreu& de Grec, auxquelles il ajouta les années suivantes des chaires de Mathé-matiques , de Philosophie & dÉloquence latine.

Cette institution eut donc pour objet principal dhumilier f orgueil des

sectaires,