xliv Observations
La Moderne est distribuée en trois claíîes, f une contient les Médailles frappéesdans ies différens États de i’Europe, i’autre les Monnoies qui ont cours danspresque tous les pays du monde, & la troisième les Jetons. Chacune de cesfuites, soit dans le Moderne, soit dans f Antique, est, par le nombre, laconservation & la rareté des pièces quelle contient, digne de la magnificencedu Roi & de la curiosité des Amateurs.
Au-dessus du Cabinet des Médailles, on trouve celui des Antiques, c’est-làqu’on voit le Tombeau de Childeric I, roi de France, découvert à Tournailan 1653, & deux grands Boucliers d’argent, destinés à être suspendus dansdes Temples. Le premier, du poids de quarante-deux marcs, fut trouvéen 16z 6 dans le Rhône, & représente faction mémorable de la continencedu jeune Scipion. Le second, qui pèse un marc de plus, fut découvert en1714, fous terre dans le Dauphine, & l’on croit, avec beaucoup de probabilité,qu’il appartenoit à Annibal. Le Cabinet des Antiques renferme encore untrès-grand nombre de Figures, de Bustes, de Vases, d’Instrumens des sacrifices,de Marbres chargés d'inseriptions, & enfin de tous les monumens de cetteeípèce, qu’on a pu rassembler avec choix & avec goût.
LE COLLÈGE ROYAL .
Tous les siècles de l’Égliíe furent infectés de diverses hérésies, mais leursAuteurs n’eurent jamais ste système plus iié que depuis ie Xll. e siècle, qui vitnaître les erreurs de Waldo. Le prétexte des Hérésiarques fut dans tous lestemps de réformer l’Églife & de ramener le dogme à íà pureté originelle ;celui dont nous parlons & ses successeurs, font toujours mis en avant pourautoriser leurs erreurs.
Les Pères & les Docteurs assemblés en concile à Vienne en 13 op, sentirentque le reproche d’ignorance des Langues originales de l’Écriture, que lessectaires faifoient au Clergé catholique, n’étoit malheureusement que tropfondé; pour faire cesser ce scandale, il fut statué dans ce Concile, que dansles quatre plus fameuses Universités de l’Europe, celles de Paris, d’Oxford,de Salamanque & de Bologne, il seroit fondé aux dépens des rois de France,d’Angleterre, d’Eípagne, & du Souverain Pontife lui-même, des chaires pourfétu de des langues Hébraïque, Grecque & Arabe.
On ne fait si les autres Puissmces nommées au concile de Vienne, seconformèrent à cette partie de ces décrets, mais en France il n’eut pointd’exécution que deux cents trente ans après, & ce fut pour combattre *avecavantage les hérésies qui pulluloient en Europe fous le règne de François I. erque ce Prince, à la sollicitation de Guillaume Bude'e, Maître des Requêtes, &de Jean du Bellay, évêque de Paris, fonda en 1539 deux chaires d’Hébreu& de Grec, auxquelles il ajouta les années suivantes des chaires de Mathé-matiques , de Philosophie & d’Éloquence latine.
Cette institution eut donc pour objet principal d’humilier f orgueil des
sectaires,