SUR LES M 0 N U M E N S. à
sectaires, qui se glorifioient d’entendre mieux l’Écriture sainte que íe Clergécatholique, & subsidiairement d’enseigner gratuitement les genres de Littérature& de Sciences qui ne s’enfeignoient point auparavant dans í’Université deParis, & de perfectionner les études qui ne s’y faisoient que dune manièrefort imparfaite. François I. er affigna à chacun des Professeurs deux cents écusd’or.de gages, fur son Trésor royal; il les décora du titre de ses Conseillers-Lecteurs & Officiers Commensaux de sa Maison, & n'épargna rien pourrendre ces charges l’objet de l’ambition des Nationaux & des Savans étrangers,& un des moyens de les fixer près de lui.
Le succès de leurs Leçons, le nombre d’excellens Ouvrages en tous genresqu’iís s’empressèrent de publier, encouragèrent le Monarque à pousser plusloin ion établissement : il avoit dessein de bâtir à ces Professeurs un magnifiqueCollège en face du Louvre, fur i’emplacement de i’ancien hôtel de Nejle, d’yrassembler lìx cents Elèves choisis, & de le doter de cinquante mille écusde revenu en bénéfices ; les Lettres patentes en furent expédiées & fymegistréesà la Chambre des Comptes, mais les embarras multipliés que lui suscitafambition de Charles - Quint, ne lui permirent pas de remplir ce projet.Les Lecteurs & Professeurs royaux continuèrent à vivre dispersés & à donnerleurs Leçons dans lesTiiíes des Collèges de Tre'guier & de Cambrai, que lesPrincipaux de ces deux petits Collèges s’empressèrent à leur ouvrir,
Henri 11, Charles IX & Henri III, honorèrent les Professeurs royaux d’uneprotection spéciale: ils daignèrent, quelquefois les admettre dans leur Cour,encouragèrent leurs travaux, fondèrent de nouvelles Chaires, & s engagèrentsuccessivement à remplir le voeu de leur Auguste Prédécesseur; mais les guerresde Religion où ils se trouvèrent enveloppés, mirent toujours des obstaclesinvincibles à l’exécution de ce beau projet.
La Ligue, si funeste à tous les ordres de l’Etat, manqua de renverser defond en comble cet Etablissement Littéraire; dans des temps orageux où l’onmanquoit d’argent pour soudoyer les Troupes, on ne s’occupoit guère depourvoir à la subsistance de quelques Professeurs, & ils furent quatorze ans fanstoucher leurs gages & n’en continuèrent pas moins leurs Leçons.
Après la réduction de Paris, ils furent présentés à Henri IV, & lui exposèrentla déplorable situation où ils étoient réduits : Jordonne, dit ce grand & généreuxMonarque, qùoti ôte ìin plat de ma table pour en nourrir mes Leéleurs ; Xl. deRofni les payera. Ce Ministre si austère & si exact, les accueillit avec bonté ;après s’être fait rendre compte de leurs travaux & de leurs services : Les Roisvos fondateurs, leur dit-il, vous ont donne' de beaux parchemins ; le Roi monmaître vient de vous donner de belles paroles, & moi je vais vous donner de beauxécus an Soleil.
Non-seulement ce grand Ministre acquitta ce qui leur étoit du, mais il sechargea detre leur solliciteur auprès du Roi, & de demander pour eux uneaugmentation de gages. En effet, il représenta au Roi que la même somme
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