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xlvj Observations
qui sous François lF mettoit les ProfeíTeurs royaux dans l’opulence,suffifoit déjà plus pour pourvoir aux premiers besoins de ia vie. C’est à la pro-tection toute puiísente de ce grand homme, bien plus qu a celle du CardinalDu Perron, que les ProfeíTeurs royaux durent leurs premières Ecoles.
On résolut enfin d’exécuter une partie du plan de François IF, mais on nesongea plus à remplacement de l’hôtel de Nejle. Les Collèges de Tre'guier &de Cambrai embrassoient une étendue de terre!n assez considérable pour yfaire tous les établiflëmens que le Collège Royal pouvoit comporter. Henri IVies acquit des Principaux & Boursiers, qui durent avoir, par le contrat, desíogemens dans le nouveau bâtiment. On se propoíoit d’y loger auífi laBibliothèque Royale, qui depuis François 1F étoit à Fontainebleau, & dedoter le nouveau Collège Royal de France, car ce fut le nom que lui donnaHenri-le-Grand, d’une somme de dix mille écus de revenu. Les fondemens enfurent jetés & les murs commènçoient à s’élever, lorsque ce Prince sut enlevé,à la Nation & aux Lettres, par un parricide affreux.
Louis XIII son fils vint cependant, dans les premiers mois de son règne,poser la première pierre de l’aile de ce bâtiment, qu’on avoit destinée poury placer la Bibliothèque Royale : ce fut la seule qu’on acheva. Les troublesde la Régence, ies finances de l’État pillées par d’avides Étrangers, firentsuspendre & puis abandonner entièrement Ies travaux commencés ; ainsi futfrustrée i’intention de í’immortel Henri. Les Principaux & les Boursiers desCollèges de Tre'guier 8c de Cambrai, qui aux termes du contrat d’acquisitiondévoient avoir leur logement dans ce nouvel établissement, perdant touteespérance de le voir achever, comblèrent les travaux commencés & se remirenten possëífion de presque tout leur terrein, lans que personne pût ou voulûts’y opposer. II ne resta aux Professeurs royaux que trois selles au rez-de-chausséepour leur servir d’École, & une longue galerie au premier étage, où l’on pratiquaquelques cloisons de bois, & où l’on fit trois ou quatre cheminées pour y logerpar la fuite l’Inípecteur de ce Collège, & l’un des plus anciens Professeurs ;Ies autres restèrent comme auparavant épars dans les divers quartiers de Paris.
Une tracasserie peu importante occasionna vers ce même temps une fortede schisme entre íe Collège Rayai & f Université’, & opéra depuis une fèparationde fait : en voici l’origine.
Les Rois fondateurs des diverses Chaires royales, s’étoient d’abord réservéà eux-mêmes le choix & la nomination des sujets dont ils voudroient lesremplir ; dans la fuite ils se déchargèrent de ce foin fur le Grand-Aumônierde France ; mais tous ces Prélats ne se trouvèrent pas également capables defaire le meilleur choix, ou de résister aux brigues & à la seduction : Ramus,doyen des Professeurs royaux, obtint du roi Charles IX, des Lettres patentespour mettre les Chaires du Collège Royal au concours, lorsqu’elies viendroientà vaquer : chagrin de ce qu’une loix si sege ne s’exécutoit point, il fondade ses propres deniers une Chaire de Mathématiques, qu’st soumit aux mêmes