DE L’ANCIENNE AGRIGENTE . 2 9 5point de vue, peut se diviser en trois classes : lesgrands propriétaires, parmi lesquels il en est, eneffet, de plus riches que le gouvernement même ;ceux qui n’ont qu’une fortune suffisante pour sou-tenir noblement le noble éclat de leur noblesse -,enfin , ceux qui n’ont juste que ce qu’il faut, pourparer à l’absolu nécessaire. Les uns, vivant àNaples , accaparent tous les postes, tous les ti-tres , tous les cordons et toutes les riches héri-tières qui, comme ces astres éclatans et nou-veaux , apparaissent, de loin en loin, dans le cielobscurci de la noblesse napolitaine ; ceux-cin’ont jamais mis le pied en Sicile ; ne connaissentni le peuple , ni le pays qu’ils foulent ; n’ont en-fin de Sicule, que le nom. Les autres , je parle dela seconde classe, suivent de loin ce noble exem-ple ; ils ne peuvent aspirer aux grandes destinéesdes premiers ; ils veulent briller du moins d’unéclat secondaire; et vont de temps à autres dissiperen un mois, àPalerme, le mince revenu de l’année.Quant à la troisième classe, elle est maintenantsous vos yeux : remarquez ces huit à dix person-nes en bas sales , en souliers poudreux et enguêtres; traversant gravement la foule qui s’écartedevant eux ; ces altesses en guenilles , qui tirent lacigarre de leur bouche, pour baiser la main ou larobe d’autres gens à gros chapelets ? les premierssont des princes pauvres ; les seconds, de richesprébendiers : ceux-là viennent de quitter une tablebien mesquine et bien sale, servis dans la plus
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Tome second.
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