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Au premier rang des accidents remarquables qui distinguent lesliantes régions montagneuses, et particulièrement l’énorme chaînedes Alpes , il faut placer les glaciers, sujet éternel d’admiration pourle voyageur le plus insensible aux beautés de la nature; de recher-ches et de leçons pour le savant, qui en mesure l’élévation ouqui en sonde les profondeurs ; de méditations et d’études pour lephilosophe, qui de l’examen de la structure du globe élève sespensées jusqu’aux vues sublimes du Créateur. Tout se tient , touts’enchaîne dans l’œuvre admirable de l’univers 5 et sous ces dômesglacés, sous ces aiguilles transparentes, qui depuis les premiers âgesdu monde ont formé leurs masses au pied de ces hautes sommi-tés, dont l’ombre les protège; sur ces vallons supérieurs, où l’hiver,pendant les trois quarts de l’année, fait éprouver toutes ses rigueurs;dans ces tristes séjours où nul être animé ne saurait vivre , où régnentsans partage la désolation et la mort, ont été cachées, par celui dontla main contient les vagues furieuses, dont la voix domine les tem-pêtes, dont le regard allume la foudre, les sources de ces fleuves bien-faisants qui descendant, pour ainsi dire, du ciel même, vont au loinfertiliser la terre, et porter en tous lieux l’abondance, la vie et le mou-vement. On ne peut se défendre d’un vif sentiment de reconnaissance,en parcourant cet espace de moins de cent lieues, situé entre leMont-Blanc et le Tjrol , dans lequel quatre cents glaciers forment lesinépuisables réservoirs de presque toutes les eaux qui fécondent et vi-vifient l’Europe ; mais c’est de l’admiration , c’est de Pentbousiasme ,qu’inspire l’aspect de ces masses de glaces séculaires, dont les ar-deurs de l’été altèrent et diversifient les formes, et dont les longshivers de ces contrées élargissent les larges hases et exhaussent encoreles gigantesques proportions. Qui pourrait sans émotion contempler
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IMPRIMERIE DE P1RM1N DIDOT, RUE UCOIS, N° 24- —3' luiuhok.