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On est particulièrement frappé dans les pays de montagnes, de l’extrêmevariété des aspects, de la multitude d’effets imprévus, des modificationsinnombrables, que l’auteur de la nature a versés à pleines mains aumilieu de ces chaînes immenses, et que la pensée de l’habitant des plainesne saurait seulement concevoir. Mais ce qui attache l’homme de la mon-tagne à sa patrie, ce qui attire le voyageur, ce qui charme le peintre,fait le désespoir de l’écrivain. La nature dans ses combinaisons les plusidentiques répand tant de richesse, et la langue est si pauvre! L’une estréduite à son vocabulaire sec et monotone : l’autre, admirable magi-cienne, a des formes pour toutes les apparences, des ornements pourtous les sites, des effets pour tous les instants, et ces effets, ces orne-ments ces formes sont inépuisables. Chaque pic a sa physionomiepropre, chaque vallée ses beautés particulières. Là, s’étend au seind’une bordure riante et fertile, Fonde d’un lac majestueux; ici ce sontdes rochers coupés à pic qui la resserrent. On s’engage dans un défdéaprès en avoir franchi dix autres, et l’on ne saurait comprendre com-ment avec un torrent, des rochers et des arbres, il est possible decomposer tant de tableaux riants ou sauvages, imposants ou gracieux.Mais si la puissance créatrice qui a présidé à ces arrangements merveil-leux, se révèle à chaque pas dans les vallées arrosées par des fleuves
écumants ou paisibles, couvertes de champs fertiles ou de sombresforêts, peuplées de villes pittoresques ou d’humbles chalets, c’est plu-tôt encore dans ces nombreux passages, qui, unissent en s’élevant jus-qu’aux sommités des Alpes les grandes divisions de la Suisse , que sefait admirer davantage l’incroyable fécondité de l’Architecte de l’univers.Dans ces régions glacées, à ces hauteurs où la végétation meurt, oùl’ostéologie des Alpes , si l’on peut s’exprimer ainsi, se montre à nu, ildoit sembler à la pensée qu’avec des rocs neigeux, des aiguilles déchar-
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