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renouveller le serinent de leurs ancêtres et resserrer les liens de la con-fédération, suspendaient les bissacs qu’ils avaient apportés sur leursépaules et qui renfermaient les provisions destinées à leurs frugalsrepas. Un morceau de pain de seigle, un peu de fromage, l’eau de lafontaine, suffisaient à ces représentants d’un peuple de bergers. C’était aupied de ce même rocher, sur l’herbe de cette prairie, que se discu-taient les divers intérêts du pays, et il semble que dans ces comices, quin’avaient que le ciel pour voûte, et pour décorations que des monta-gnes gigantesques et des gazons verdoyants, la discussion des affairesde la patrie devait avoir quelque chose de plus touchant et de plussolennel.
Je ne vins à Trons que quelque temps après le rétablissement decette fête nationale, dont les guerres de la France et de l’Autriche avaient interrompu depuis long-temps la célébration et qu’on avait re-nouvellée le 24 mai précédent. Des exercices gymnastiques, la lutte, lepugilat, la palestre, succédant à la délibération des affaires, formeune sorte de spectacle, qui rappelle les jeux de l’antiquité et attireau fond de ces montagnes, ordinairement solitaires, un nombreux con-cours de nationaux et d’étrangers. Je regrettai vivement de 11’avoir puassister à cette réunion où se trouvent confondus tous les costumes dupays, et le souvenir de la fête d ’Unspunnen dans la vallée à'Interlac ken,qui se représentait à ma mémoire avec ses brillantes couleurs après tantd’années d’intervalle, rendait encore plus piquante cette contrariété devoyageur.
Pour me consoler, je parvins avant de quitter Trons , à me faire pré-senter au père Placide, vieillard plus que septuagénaire, qui jouit danstoute cette partie delà Suisse d’une haute réputation et qui la justifie parson profond savoir et ses nombreux travaux. Sa longue carrière futconsacrée à l’exploration et à 1 étude des vallees de la Rhétie . Les plusinconnues nont plus pour lui de mystère; il s’est élevé jusqu’au sommetd’une foule de montagnes avant lui réputées inaccessibles, et malgréson grand âge il ne s’était pas encore écoulé d’année qu’il n’eût entre-pris quelque nouveau voyage, qu’il n’eût éclairci quelque point obscurde la géographie du pays. Sa main encore ferme traçait, lorsque je l’aivu, une de ces nombreuses cartes dont pendant la belle saison il allaitrecueillir les matériaux. Il est aisé d’y remarquer une grande quantité