Band 
Tome second.
Seite
203
JPEG-Download
 

mu Régné minerai. rozressemble à des épis de bled, Ton dit spícamnftnns; ou fi elle est semblable à du charbon,

mains : les chaudières des teinturiers, & les baignoires font for-mées avec le cuivre en plaques quarrées ou en planches ; c’est decette même sorte qu’on en tire le cuivre en verges ; en fils & enfeuilles, pour Puíàge des doreurs. Voici la maniéré dont on ré-duit en Suéde les masses de cuivre fondu en lames minces. Onprend dix lames de cuivre de bon aloi, & de l’épaiíïeur ci-deffusindiquée ; on observe que la premiere & la derniere lames doiventêtre un peu plus grandes que les huit autres, pour qu’elles puis- *sent former nn rebord qui les couvre, & pour leur donner àtoutes une forme ronde & égale : on fait rougir ensuite ces lamesau feu j puis , pour les étendre, on expose ce métal fous la chuted'un marteau, du poids de trois quintaux, qu’un courant d’eaufait aller ■ & par ce battement qui les entretient continuellementaussi chaudes que íì elles êtoient dans le feu, on vient à bout deles étendre & de les amincir autant que Pon veut ; il n’y a dans cettemanœuvre que les deux lames extérieures qui ont souffert une al-tération assez considérable : chaque coup de marteau y est: mar-qué par des taches noires. ,

La propriété qtà le cuivre, ainsi que les autres substances mé-talliques,de perdre le phlogistique par la calcination, & de se vi-trifier , fournit un moyen facile de le séparer des métaux parfaits,lorfqu’ils íè trouvent unis ensemble ; & c’est fur ce principequ’est à-peu-près fondé tout le travail de Raffinage de I’or Sc del’argent par la coupelle, parcs que ces métaux ne perdent quepeu ou point leur phlogistique.

Nous avons dit que le cuivre est , ainsi que le fer, un métal fa-cile à íe convertir en rouille , lorfqu'il est expose à Pair, ou qu’ilbaigne dans quelque fluide, notamment chargé d’acide ;c’estcette belle rouille verte ou bleuâtre si usitée en peinture, âc queles marchands nomment Verdet ou Verd de gris : Vtride xris Ojfi-£Ìnarum;\e s Grecs < «í fvç-o? & les Arabes,^*»-. La préparation duverd de gris íè fait dans les environs de Montpellier, & est Pob-jet d’une sorte de commerce très-considérable : elle consiste àprendre du cuivre en fonds de Suéde, qu’on réduit en petitsmorceaux de différentes figures; on en emplit un pot de terreglaise non vernissé, í nommé dans le Languedoc ouïe s ) on arroseces lames d’un vin fort, spiritueux, & point gras ; on les retirequelque tems après , puis on les chauffe , & on les confond aussi-tôt, lit par lit, avec dès rafles préparées exprès, & saturées devin, dans une autre ouïe : on laisse le tout couver ensemble ; & aubout de quinze jours, plus ou moins , suivant la saison , la matièrefermente êc corrode le cuivre ; on connoît le terme de cetteopération, lorsque les lames du métal devenus vertes íè cotonnent»c’est-à-dire, quand elles sont chargées de points blanchâtres ; alorson retire ces lames , on les laisse égoutter pendant trois ou quatrejours , puis on les trempe de nouveau dans de la vinaffe , & ainside faite, à trois reprises différentes, après quoi k rouille so gonfle,

& forme une efpece de mousse verdâtre qu’on racle soigneuse--