réunit Jusqu’à cinq mille volumes et les brûla publiquement,sans épargner ni enluminure , ni reliure de pris, ni autresornemens d'or et d’argent, quelque prière qu’on lui fit deles destiner à d’autres usages. Comment ce cardinal, quiaimait les lettres , a-t-il pu détruire si promptement deslivres précieux sur la religion , les arts et les sciences desturcs , puisque c’est par eux seuls qu'on aurait peut-être puvéritablement s’instruire de la littérature orientale ? Quelquesauteurs pensent que Ximcnès n’a fait brûler que des exem-plaires du Koran et de ses commentaites.
En i 5 io, Maximilien I." , empereur d’Allemagne , publiatin édit portant que tous les livres hébraïques, exceptée laBible , seraient brûlés , parce qu’ils contiennent des blas-phèmes , de la magie et autres choses aussi dangereuses.Cet édit fut rendu sur la demande de PfefTercorn , juif con-verti. Les juifs en solicitèrent la révocation. Le fameuxJean Rcuchlin fut consulté dans cette affaire : il distinguadeux sortes de livres chez les Juifs ; les indifférens , quitraitent de divers sujets , et ceux qui sont composés direc-tement contre la religion chrétienne . Il fut d’avis qu’oulaissât les premiers qui pouvaient avoir leur utilité et qu’onsupprimât les derniers. Cet avis sage souleva les théolo-giens de Cologne , et fit publier au fanatique Pfeffercornun Miroir manuel , dans lequel il soutint qu’il fallait brûlertous les livres de ses anciens frères. Reuchlin répondit àcet écrit par le Miroir oculaire ; mais cet ouvrage-ci fut con-damné , non-seulement par les théologiens de Cologne ,qui auraient voulu faire subir à l’auteur le même sort qu’auxlivres juifs, mais par la faculté de théologie de Paris etpar le père Hochstrat , dominicain, inquisiteur de la foi.He ureuseinent Maximilien ne voulut pas sa prêter à la saintecolère des théologiens de Cologne .