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ques-íines n’ont qu un crêpe blanc, qui joue fur les épaules ; leursbas font tous plissés comme s’ils étoient formés d’une grosse ficelleentortillée autour de leurs jambes : leur habillement elì auíh ridi-cule que leur figure. Les hommes d’ailleurs y font passablement bienfaits : leurs habits ont beaucoup de rapport avec ceux de nos Pay-sans de France.
Quoique nous fussions au iz Janvier, le froid n’étoit pas consi-dérable : le thermomètre n’éroir quàtrois degrés au dessous de o ; iltomba beaucoup de neige : le 13, le thermomètre descendit à cinqdegrés ; il fe soutint à cette hauteur le 14 : mais dans la nuit suivanteil descendit tout-à-coup à quatorze & demi ; nous étions alors àBilitz. Nous partîmes de cette Ville a huit heures du matin, expo-sés à ce froid rigoureux : j’y fus d’autant plus sensible que je n’enavois pas encore éprouvé de considérable. Nous arrivâmes le mêmejour à Zator, â deux heures après midi ; nos équipages n arrivèrentquà onze heures du soir ; nous avions été obligés de les faire trans-porter sur des chariots de Paysans, à cause des accidents que nosvoitures avoient éprouvés.
Zator est un gros Bourg situé fur la frontière de la Pologne ; le Comtede Dunin en est Starost ( Seigneur ) : il ne borna point ses bontés ànous obliger de prendre un logement chez lui ; ayant vu nos voituresdans le plus mauvais état, il fit choisir dans ses magasins les meil-leurs bois , & donna les ordres les plus précis pour quelles fussentparfaitement raccommodées. Malgré tous les agréments que nousprocuroit M. le Comte de Dunin , nous nous disposâmes â partiraussi-tôt que nos voitures furent en état ; mais nous apprîmes que laVistule n’étoit pas encore totalement gelée. Le froid , qui avoir étési violent le 15 , cessi tout-â-coup ; le thermomètre n’étoit qu’a o le17. Dans l’incertitude où nous étions si la riviere seroit bientôt to-talement gelée, nous prîmes le parti de faire casser la glace : nousTome L B