en Sibérie. 3 1
je m’en procurai de ceux des Paysans : ii nVétoit plus facile de lesfaire arranger promptement. Je rétablis mes provisions, qui etoient- en assez mauvais ordre , ou plutôt M. de Woronzof me procura laplus grande partie da ce qui m'étoit nécessaire. Je partis le 17 aumatin, résolu de ne plus m’arrêter : je signifiai le lendemain à monHorloger 8 c à mon Interprète , que je les laisserois en route , s’ilsentroient dans les Poêles. Cette menace , qu ils fa voient que j'exé-cuterois, & l’eau-de-vie que je faisois distribuer aux Postillons ;eurent tout le succès que j’en avois esperé : je n’éprouvois plus deretard , &c mes traîneaux alloient avec une rapidité fans égale. Lesrivières gelent très promptement dans le Nord : leurs surfaces geléesne font point raboteuses, ainsi que la riviere de Seine à Paris ; maiselles font parfaitement unies : la vitesse des traîneaux est alors sigrande quêtant fur la riviere d’Ocka, un des Postillons ne putéviter un trou où l’eau n étoit pas gelée , quoiqu il l’eût découverta la distance de plus de trente pas : un cheval de volée tombadans ce trou ; les autres, malgré leur résistance, 8 c les efforts duPostillon , qui ne cessoit de les fouetter , y auroient été entraînésfans le prompt secours que nous y apportâmes, en coupant lescordes qui l'attachoient au traîneau. O11 trouve quantité de trouspareils, où l’eau ne gele jamais , quoique la glace ait jufqu’â troispieds d’épaisseur, 8 c que la rigueur du froid fasse geler l’eau-de-vie& l’efprit de vin. J’ai vu fur cette même riviere un espace de plus decent toises, où l’eau n’étoit pas gelée. On feroit d’abord tenté d’at-tribuer ce phénomène à des sources d'eau chaude qui peuvent setrouver dans le fond de cette riviere : mais comment imaginer dessources assez abondantes pour produire des ouvertures aussi considé-rables? D’ailleurs cette riviere étant d’une très grande profondeur ,quelque légèreté spécifique qu’on suppose â ces eaux de source, ellesauroient le temps de contracter un degré de froid dans la diagonalequelles parcourent pour parvenir à la surface. II me paroltroit plus