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le thermomètre descend à vingt ou vingt-cínq degrés, Sí quelque-fois jusqu à soixante-dix : les variations de la température de 1 airfont encore íi considérables dans notre climat, quon éprouve sou-vent plusieurs dégels dans le même hiver ; &c ainsi il n’eft pas sur-prenant que les rivières châtient la plus grande partie de ces temps,,tandis que le froid excessif des Pays duNord fixe tout-à-coup tousles glaçons flottants ; & il ne s’en forme plus de nouveaux , parceque le froid y est continuel pendant sept à huit mois de Tannée.
J ai fait une remarque en Sibérie , qui prouve que les rivièresgelées ne châtient plus après ce premier moment, & que les espacesvuides, situés vers les courants, ne doivent jamais geler tout le tempsque dure Thiver. En voyageant fur l’Oka, & par la fuite fur le.Volga, je rencontrai fur ma route quantité d’ouvertures de dix-huicpouces de diamètre elles avoient été faites par les Paysans à traversla glace , qui avoir trois pieds d'épaisseur ; ils font usage de ces ou-vertures pour placer dans la riviere des filets propres à prendre lepoisson. Cet usage nauroit point été établi, & ne subsisterait point,il ces rivières charioient, puisque leurs filets feraient bientôt em-portés. La même raison prouve que seau ne doit pas geler dans cesendroits ; & en effet, je Tai toujours trouvée liquide dans toutes lesouvertures où je me fuis arrêté pour examiner çe fait.
Cette observation , en faisant voir que le mouvement des eauxLourantes est un grand obstacle a leur congélation , vient à l’appuidu système des Physiciens qui ont avancé que Teau des mers situéesvers le pôle ne devoir jamais être gelée , malgré les montagnesénormes de glace qui flottent fur les côtes de ces mers a la fin def hiver. Ces montagnes de glace n’ont été formées que fur les côtesaux embouchures des rivières sur-tout, par les glaçons quelles y ontchâtiés au commencement de Thiver : mais en pleine mer Teau n'yffoit pas être plus gelée que dans la zone torride, 6c les VoyageursTome I. E