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Tome premier. Contenant les moeurs, les usages des Russes et l'etat actuel de cette puisscance [...].
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revois, jetois, ni j allois : je ne sortis de cet état que parraffreu.se idée qui se présenta dabord que j etois abandonné par ceuxqui maccompagnoient. Metant jette ausli-tôt en bas de mon traî-neau , je me trouvai seul : j appellai tous ceux qui maccompagnoient,chacun par son nom : un profond silence régnoit autour de moi ;leur mécontentement que javois vu saccroîtretous les jours, quel-ques propos que javois entendus, paroiísoient me confirmer danscette idée. On se persuadera aisément quelle fut ma situation : je mevoyois abandonné dans une nuit des plus obscures, à quatorze centslieues de ma Patrie, au milieu des glaces & des neiges de la Sibérie,ayant fous les yeux le tableau de la soif & de la faim , dont jalloiséprouver les horreurs : jignorois même fi jétois fur la route battue ;ce qui n etoit pas vraisemblable,

Agité de toutes ces idées, je me remets dans mon traîneau ; j endescends auíïì-tôt; j'y rentre le moment daprès, je prends mes deuxpistolets -, & je fuis une route que je croyois entrevoir. Je m enécartai bientôt, & au premier pas je mabîmai dans la neige jusquauxépaules : je men retirai néanmoins après bien des efforts; mais flaccablé de fatigue , que je restai couché dans la même attitude , laface fur la neige. Je mastieds au bout de quelque temps ; je tareautour de moi, & ne retrouve plus mes armes : elles étoient restéestdans la neige ; je reconnois, & maífure que je fuis dans la mêmeroute ; je regagne mon traîneau. J etois cependant toujours si agité,que je ne pus y rester long-temps ; je reprends bien-tôt le mêmechemin : averti par laccident que je venois déprouver, de marcheravec précaution, je vais plus lentement ; cette lenteur forcée ajouteun nouveau tourment à ma situation. Je me promenai ainsi unepartie de la nuit, toujours occupé de ma situation, revenant detemps en temps à mon traîneau. Quoiqu exposé à un froid des plu?vifs, j etois tout en eau, fans cependant marcher beaucoup ; enfinM parcourant de nouveau cette route, japperçus une foible lumière