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avec FHorloger ; mais elle eut ordre de ne pas me quitter. Quel-ques Russes m’avertirent de ne pas aller seul à mon Observatoire ,
6c de me précautionner contre l’insolence de la Populace , capablede tout dans ces moments d’ivresse. L’avis étoit trop prudent pourque je ne le suivisse pas : je pris même dès-lors le parti de passer laplupart des nuits à mon Observatoire, dans la crainte qu’il ne leurprît fantaisie de le culbuter. Le 4 du même mois le vent me sit cou--rir les plus grands risques de le voir renversé. II étoit si violent 6c siconstant, que je ne tus rassuré que le y : il s’appaisa vers midi.
Jetouchois enfin au moment de remplir l’objcf de mon voyage :le jour suivant ( 6 Juin) devoir remplir tous mes désirs. M. de SoLmanof, M. le Comte de Pouskin , 6c l’Archevêque de Tobolsk ,dont je ne puis trop me louer , m’ayant témoigné la plus grandeenvie de voir ce phénomène, je sis préparer une tente, dans laquelleje plaçai une Lunette pour eux 6c leurs familles, asin de n'‘être pastroublé pendant mes opérations.
J employai la journée du y à disposer tous mes instruments, 6cme déterminai à passer la nuit dans mon Observatoire. Je n'a voisrien à désirer. Tout m’annonçoit le succès de mon observation, leCiel étoit serein , le Soleil se coucha sous un horison dégagé de va-peurs ; la tendre lueur du crépuscule , 6c le calme parfait qui ré-gnois dans la Nature , portoient le plaisir dans mon ame tranquille.Je fis souper tout mon monde. Mon bonheur me suffisoit. Je ne fuspas heureux long-temps. Etant sorti vers dix heures pour en jouirdans le silence, je fus anéanti à la vue des brouillards qui privoientles Etoiles d’une partie de leur lumière. Consterné, je parcoursFhorison : des nuages se forment déja de toutes parts ; ils deviennentplus épais a chaque instant; l’obscurité de la nuit augmente, le Cieldisparoît ; 6c bien-tôt tout Thémisphere, couvert d’un seul 6c som-bre nuage, sait évanouir toutes mes espérances, 6c me plonge dansle désespoir le plus assreux.