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Les pâturages font cependant de toute bonté. Uherbe croît par-tout egalement bien : auíïì les Habitants ont-ils beaucoup de bes-tiaux. J avois lu dans quelque Voyageur, que le terrein ne dégeloit aTobolsk pendant leté que de quelques pieds de profondeur : je fusconfirme dans cette idée par un Habitant de cette Ville. Mes obser-vations journaliere-s rendirent cependant son autorité austi suspecteque celle de f Auteur que j'avois lu. Je tentai plusieurs fois de fairecreuser la terre. La difficulté d'avoir des Manoeuvres dans ce Pays,ou tout est Esclave, me détermina â m’adresser au Gouverneur ileut la bonté de me donner une douzaine de Criminels enchaînés 8ccondamnés aux travaux publics, ainsi que les Galériens dans nosPorts. Je sis d’abord creuser la terre jusqu’à dix pieds ; elle étoit dégelée.Je me proposai daller encore â une plus grande profondeur. Ayantcru pouvoir fans conséquence augmçnter la paie de ces malheureux ,qui n etoit que d’un sou par jour , je leur fis distribuer quelque ar-gent. Ils firent apporter quantité d’eau-de-vie, foulèrent la Garde,& se sauvèrent pendant quelle dormoit. Je trouvai quelques joursaprès leurs fers dans les bois. M. le Gouverneur n’ayant pas jugé âpropos de m’en envoyer de nouveaux , je fus obligé d’abandon-ner cet ouvrage. Ils avoient encore creusé la terre de quatre pieds,fans quelle fût gelée. J’y enfonçai ensuite mon épée jusqu a lagarde ( 1 ), avec la plus grande facilité. II est donc bien constant quele terrein dégele totalement â Tobolsk, puisqu’il l’est â seize piedsde profondeur. Si cette épreuve me désabusa sur l’idée que je m’étoisformée du climat de Tobolsk, elle me confirma aufh dans celle quej'avois fur le danger d’avancer des faits d après la tradition & les ouï-dire , je crois qu’on doit plutôt â la çtédulité des Voyageurs qu aleur mauvaise foi, les mensonges trop communs dans les Ouvragesde quelques-uns.
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^ x ) Je voyagcois en Laïc,
Tome I,
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