98 Voyage
Saint-Pétersbourg, situé par le soixantième degré de latitude,n'elì presque point peuplé : on n'y voir que des forêts & desmarais ; il n’y vient point de bled , ou du moins très peu. Ce cli-mat n’a aucun fruit, ni même aucun des légumes ordinaires (i).Cette partie , presque déserte &c aride , occupe trois cents cin-quante lieues d’Occident en Orient, fur deux cents du Nord auSud. Le reste de la Ruísie s'étend encore deux cents lieues vers leSud , & cette feule partie offre un terrein propre à l’agriculture„L’Ukraine est une Province des plus fertiles, ou régné l’abondanceen tout genre. La plupart des terres font cultivées dans toutes lesautres Provinces, depuis cinquante-six degrés de latitude, jusquauparallèle de Pétersbourg : mais le grain n’y vient que médiocre-ment (i).
D’après les détails que je viens de rapporter, fondés fur les ob-servations de tous les Voyageurs qui ont parcouru ce vaste Empire,j'ai dressé une Carte ( 3 ), où l’on peut voir d’un coup d’œuil les diffé-rentes contrées qui le composent ; celles qui font cultivées, celles quifont incultes, quoique le terrein soit propre à la végétation, & enfin,celles dont le physique est absolument opposé à l’agriculture, parcsqu’il y régné , pour ainsi dire, un éternel hiver, &c qu elles n offrentque des déserts arides, de vastes forêts, & des marais.
On vient de considérer le climat de Ruísie par rapport à sesproductions : le physique offre de nouveaux objets des plusintéressants. II confirme l’observation généralement reçue, queplus on avance vers l’Est fous le même parallèle, en partant d’Eu-
(1) Strahlemberg, Description de l’Empire de Russie , Tome I, page 26 , ôc tous lesVoyageurs.
(2) Strahlemberg , Tome I, page 28.
(3) Cette Carte est la vingt septième de l’Atlas Géographique , Tome III de monVoyage en Sibérie.