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posée au terrein de cette contrée, & à la quantité de sel qu on ytrouve. La disposition du terrein de la Sibérie a été encore envisa-gée sous un nouveau rapport. Cette contrée forme un plan inclinédepuis la Mer Glaciale jusque vers les frontières de la Chine, où leterrein est le plus élevé , parce que des chaînes de montagnes yséparent ces deux Empires. Le Soleil situé vers l’horifon de cesmontagnes ne peut donc, lorfqu’il éclaire cet hémisphère, échaufferque foiblement ce terrein incliné. Ses rayons ne font qu’effleurer lasurface du Globe, La combinaison de ces différentes causes expli-que parfaitement que cette contrée doit être très froide.- Mais dansquel rapport chacune de ces causes influe-t-elle fur cet effet général ?le terrein de la Sibérie est-il auífi élevé qu on l’a cru jusqu’ici ? Cesobjets méritent quelques discussions. Laurent Lange attribue à lachaîne de montagnes qui sépare la Russie de la Sibérie une hauteurde plus de deux lieues (i).
« Les montagnes de Werchatourie, dit-il, font entre cette dei>
" niere Place &c Solikamskaïa. Nous les traversâmes pendant un íî« grand froid , que les couvertures de nos traîneaux ne fuflifoient» pas pour nous en garantir ; & nous courions tant de danger de*» perdre le nez, que nous ne pouvions pas faire plus de vingt wersts" fans nous arrêter. Nous en avions cinquante à faire â travers ces» montagnes , qui, je crois, en ont neuf dans leur plus grande hait-« teur ».
C’est par de semblables observations que les premiers Voyageursont déterminé la grande élévation de ces montagnes & de la Sibérie.La plupart de ceux qui les ont suivis ont adopté ces premiers pré-jugés , les ont confirmés, &: ils n ont plus été considérés que commedes faits connus : mais on voit par le nivellement que j’ai fait dans
(r) Journal du Voyage de Laurent Lange à la Chine, Tome V, pag. 378 du Recœuil de»Voyages au Nord, édition d’Amsterdam, chez Jean-Frederic Bernard.