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Tome premier. Contenant les moeurs, les usages des Russes et l'etat actuel de cette puisscance [...].
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141 Voyage

dont je me suis assuré à Tobolsk, devroient engager les Ministresde rEglife à mettre plus de douceur daus la pratique de la Religion.Cette Religion sainte la prêche par-tout dans lEvangile : elle nestni tyrannique ni sanguinaire. Toujours daccord avec les loix de lamorale & celles de lEtat, elle nous fait aimer nos frétés comme en-fants du même Dieu, elle forme le vrai Chrétien & le bon Citoyen.

La persécution a privé la Russe de plus de cent mille familles,qui se sont réfugiées chez les Tartares, ennemis de tout temps de la

Seigneur. Dès quils font Moines, ils ne savent plus ce que cest que besoin : leur subsistanceest toujours prête. Si par hazard ils travaillent dans létat Monastique , ce nest que poureux-mêmes j & des trois charges auxquelles ils font assujettis comme Cultivateurs, à peineen rempliísent-ils une comme Moines. Les voit-on Rappliquer à lintelligence des SaintesEcritures, ou à instruire le Peuple ? Mais, disent-ils, nous prions. Tout le monde ne prie-t-il pas ? S. Basile a détruit cette vaine excuse, Quel avantage la Société retire-t-elle doncdes Monastères ? On ne peut répondre que par un ancien proverbe, aucun , ni pour Dieuni pour les hommes. Il y aitroit cependant pour ces Moines oisifs Sc inutiles, un autregenre de vie laborieuse , agréable à Dieu , & honorable aux yeux des hommes : ce seroitde servir les véritables pauvres, les enfants & les vieillards. Tels font les motifs qui nousont engagés à ordonner au très Saint Synode dexécuter les Articles suivants.

I. On répartira dans les Couvents, suivant leurs revenus, des Soldats invalides oucongédiés , qui font hors détat de travailler , Sc dautres véritables pauvres ; Sc lon bâtirades Hôpitaux , comme il est ordonné par les Règlements.

II. On établira des Moines pour les servir : on aura soin daugmenter le nombre desReligieux en proportion des différents degrés de maladies, en observant que ceux quiseront moins malades, ou seuletnent que lâge aura rendus moins infirmes , en ayent auílimoins que les autres : ce qui fera statué conformément au Règlement concernant les Hôpi-taux ; & ces Moines ne doivent pas avoir moins de trente ans.

III. On donnera des terres appartenantes au Couvent, à ceux des Moines qui ne ferontpoint employés au service des malades , afin quils les cultivent eux-mêmes , & quilspuissent se procurer de quoi vivre. Quand il y aura des places vacantes parmi les Moinesqui fervent les malades , il faudra les remplacer par ceux qui cultivent la terre , & lonn'en recevra point dautres â la place de ces derniers : mais lorsquil ny aura plus de cesderniers pour remplacer ceux-, alors on en pourra choisir de nouveaux , & leur donnerla Tonsure. II saut en agir de même avec les Religieuses qui ne font point employées àservir les malades : au-lieu de cultiver la terre, elles fourniront à leur subsistance parletravail de leurs mains ; cest-à-dire, en filant pour les Manufaétures. Elles ne sortirontpoint de leurs Monastères : elles affilieront à lOíììce Divin dans les Tribunes, comme on